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Et si trop s'autocensurer augmentait le risque d'AVC ?

Actualité publiée il y a 3 semaines 4 jours 6 heures
Menopause
L'autocensure dans l’expression des idées, des sentiments ou des émotions peut avoir biologique objectif : l’accumulation de plaques d’athérome et une augmentation du risque d'accident vasculaire cérébral (AVC)

Chez les femmes, l’autocensure dans l’expression des idées, des sentiments ou des émotions peut avoir un impact sur la santé mentale, mais peut également induire un effet biologique objectif : l’accumulation de plaques d’athérome, l'augmentation du risque d'accident vasculaire cérébral (AVC) et de troubles cardiovasculaires. C’est ce que révèle cette étude, présentée dans la revue Ménopause, qui engage donc à exprimer ses émotions, librement mais raisonnablement bien sûr, et qui appelle également les médecins et les professionnels de santé à interroger leurs patientes sur les facteurs socio-émotionnels en jeu, en cas de risque cardiovasculaire. Un plaidoyer pour la liberté d’expression qui vaut sans doute pour les hommes aussi.

 

De nombreuses personnes refreinent l'expression de leurs émotions, parfois dans l'objectif de préserver une relation, d'éviter le conflit ou la rupture. Cependant cette autocensure poussée à l'extrême peut être lourde de conséquences pour la santé. Exprimer ses sentiments est non seulement bénéfique à la santé mentale, mais aussi à la santé physique. Inhiber « l'expression de soi » peut entrainer dans certains cas jusqu'au développement de troubles mentaux. Cette étude révèle un effet surprenant, l'accumulation de plaque carotidienne, avec des risques cardiovasculaires significatifs à la clé.

La liberté d’expression favorable à la santé mentale et cardiovasculaire !

C’est ce que révèle cette étude menée auprès de 304 femmes non fumeuses péri ou postménopause, interrogées sur leur comportement et leur mode d’expression, dont la fréquence à laquelle elles expriment leur colère ou leur désaccord ou font passer les besoins d’un proche avant leurs propres besoins. La plaque carotidienne des participantes a été évaluée par échographie. L’étude constate que :

  1. un comportement d’autocensure est généralement associé à un  degré plus élevé d'athérosclérose carotidienne ;
  2. plus ce comportement d’auto-inhibition est marqué, plus le risque de plaque d’athérome est élevé et cela indépendamment d’autres facteurs de confusion possibles (situation socio-démographique, facteurs de risque de MCV, dépression. ..).

 

 

L'expression socio-affective des femmes est donc pertinente pour leur santé cardiovasculaire, conclut Karen Jakubowski, auteur principal de l'étude, chercheur à Université de Pittsburgh. Une étude précieuse, car elle répond par des données objectives, la mesure par imagerie de la plaque d’athérome, à l’idée généralement reçue que l’expression plutôt que l’inhibition des émotions est bénéfique aussi à la santé physique.

Les auteurs appellent donc les professionnels de santé à aller rechercher ces éventuels facteurs émotionnels lors de l’évaluation ou de la prévention d’un risque cardiovasculaire chez des patients à risque élevé.

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