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EXERCICE: Une pilule locomimétique pour mimer ses effets

Actualité publiée il y a 2 mois 3 semaines 2 jours
Bone Research
Un candidat médicament, « LAMZ » qui imite la signalisation calcique activée par l'exercice et qui conduit à ces effets bénéfiques (Visuel Adobe Stock 322791841).

Trouver le moyen pharmacologique, pour les personnes souffrant d’incapacité, alitées ou dépendantes de mimer les effets d’un exercice difficile voire impossible à pratiquer, pourrait prévenir le risque de fragilité et de sarcopénie. Cette pilule, permettant, sans pratique de l’activité physique, de renforcer les muscles et les os, existera peut-être bientôt. C’est ce que suggère cette équipe de l’Université de Tokyo, qui documente, dans la revue Bone Research, un candidat médicament, « LAMZ » qui imite la signalisation calcique qui conduit à ces effets bénéfiques.

 

On connaît mieux aujourd’hui les bénéfices pour la santé physique, mentale et cognitive d’une routine d’exercice, régulière et adaptée. On en oublie parfois que l’exercice est également nécessaire pour le maintien de la santé des muscles et des os. Les personnes incapables de pratiquer une activité physique souffrent d'un affaiblissement progressif des muscles et des os, qui mène à la fragilité locomotrice, la sarcopénie et l’ostéoporose, et finalement à la perte d’autonomie. L'exercice permet d’inverser ces processus, de « dissiper » cette fragilité, de redonner de la force musculaire, de relancer la régénération tout en supprimant la résorption osseuse.

La thérapie par l'exercice n’est pas adaptée à tous les cas cliniques.

Une pharmacothérapie de substitution serait donc précieuse dans le traitement de la sarcopénie et de l'ostéoporose, en particulier lorsque les patients souffrent de maladie cérébrovasculaire ou neurodégénérative ou lorsqu'ils sont alités.

Cela suppose aussi un médicament unique qui s'adresse simultanément aux 2 tissus.

Un médicament locomomimétique ? Pour contribuer à préserver à la fois les muscles et les os, l'exercice induit une signalisation calcique qui déclenche la production d’une protéine PGC-1α qui elle-même induit l'augmentation des tissus en question. La molécule LAMZ (locamidazole), un dérivé d'aminoindazole, apparaît assurer la même fonction : elle ouvre la voie de signalisation du calcium et restaure ainsi la capacité locomotrice. C’est en utilisant une nouvelle technique de criblage que les chercheurs ont pu identifier un composé qui imite les changements musculaires et osseux qui se produisent à la suite d'un exercice physique.

  • Testé chez la souris modèle de fragilité, administré par voie orale, le médicament diffuse avec succès dans le sang, sans effets secondaires évidents ;
  • le candidat permet d’imiter les effets de l'exercice sur les muscles et les os : ainsi, les souris traitées par LAMZ présentent des fibres musculaires plus épaisses, une plus grande force musculaire maximale, un taux de formation osseuse plus élevé et une résorption osseuse réduite,

 

L’équipe de Takehito Ono, chercheur principal, s'est ensuite concentrée sur le mode de fonctionnement de LAMZ et constate que le composé active les mêmes voies moléculaires que l’exercice.

 

Pris ensemble, ces résultats suggèrent qu’un médicament pourrait un jour prochain, en imitant l'exercice, réduire les effets néfastes voire mortels de la fragilité locomotrice.

 

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