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GROSSESSE et ANTIDÉPRESSEURS : Quel risque d'autisme et de TDAH pour l'Enfant ?

Actualité publiée il y a 2 années 7 mois 21 heures
JAMA

2 études publiées dans le JAMA examinent le risque d'autisme et d'autres effets secondaires néfastes pour l’Enfant, en cas d’utilisation d’antidépresseurs pendant la grossesse. Leurs conclusions sont rassurantes : car une fois pris en compte les facteurs génétiques (familiaux) et environnementaux autres que cette exposition in utero aux antidépresseurs, l’augmentation du risque de ces 2 troubles neurologiques (TSA et TDAH) apparait non significative.

Car si la prise d'antidépresseurs durant la grossesse ne semble pas accroître directement le risque de décès de l'Enfant, ni de retard de croissance, d'autres risques ont déjà été documentés, dont la prématurité, la prédisposition de l'enfant à l'obésité, et même un certain risque d'anomalies à la naissance. L'exposition in utero aux antidépresseurs a également déjà été associée à un risque très accru de trouble du spectre autistique (TSA). En particulier, avec une classe spécifique d'antidépresseurs, les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS). Ici, l'équipe de Toronto évalue à nouveau ce risque d'autisme avec l'exposition à un ISRS ou à un inhibiteur de la recapture de la noradrénaline.


La première étude a suivi 35.906 naissances intervenues à un âge gestationnel moyen de 38,7 semaines, de mères âgées en moyenne de 27 ans. Les enfants ont été suis durant 5 ans. 2.837 grossesses (7,9%) ont été exposées aux antidépresseurs et 2% des enfants ont été diagnostiqués avec un trouble du spectre autistique. Les chercheurs constatent que les enfants exposés aux antidépresseurs sérotoninergiques présentent un risque plus élevé de TSA par rapport aux enfants non exposés, mais après avoir ajusté les résultats avec les facteurs de confusion possible, l'écart de risque n'est plus statistiquement significatif. L'association n'est pas significative non plus, lorsque les enfants exposés sont comparés avec des frères et sœurs non exposés.

Bien qu'une relation causale ne puisse pas être exclue, l'association précédemment observée s'explique principalement par d'autres facteurs, écrivent les auteurs.

La seconde étude, menée par une équipe de l'Université d'Indiana, s'est penchée sur les associations entre l'exposition aux antidépresseurs au premier trimestre de la grossesse et les problèmes de naissance et de développement neurologique. L'étude a porté sur 1.580.629 participants, dont 1,4% avait été exposé aux antidépresseurs in utero au cours du premier trimestre de grossesse. Ces participants ont été suivis de 1 à 30 ans. Les chercheurs constatent, après prise en compte des facteurs de confusion possibles (dont les caractéristiques familiales dont celles partagées par les frères et sœurs et l'histoire de la grossesse) que l'utilisation d'antidépresseurs maternels pendant le premier trimestre de grossesse, par rapport à l'absence d'exposition, est associée à un petit risque accru de naissance prématurée. L'analyse conclut en revanche à l'absence d'association avec les risques de faible poids pour l'âge gestationnel, de TSA ou de trouble déficitaire de l'attention / hyperactivité (TDAH).

Bref, ces 2 études concluent à l'absence d'augmentation significative des risques d'autisme et de TDAH pour les enfants de mères ayant pris des antidépresseurs durant leur grossesse, une fois que sont bien pris en compte les facteurs génétiques (familiaux) et environnementaux.

April 2017

DOI :10.1001/jama.2017.3415 Association Between Serotonergic Antidepressant Use During Pregnancy and Autism Spectrum Disorder in Children

DOI : 10.1001 / jama.2017.3413 Associations of Maternal Antidepressant Use During the First Trimester of Pregnancy With Preterm Birth, Small for Gestational Age, Autism Spectrum Disorder, and Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder in Offspring

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