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VACCIN COVID : Dernières données sur le risque de perturbation du cycle menstruel

Actualité publiée il y a 5 mois 1 semaine 2 jours
BMJ
Il serait en effet temps de rassurer les femmes sur ce qui fut d’abord une allégation, puis un effet dûment confirmé de la vaccination anti-COVID : une petite augmentation temporaire de la durée du cycle menstruel (Visuel Adobe Stock 397301284)

Il serait en effet temps de rassurer les femmes sur ce qui fut d’abord une allégation, puis un effet dûment confirmé de la vaccination anti-COVID : une petite augmentation temporaire de la durée du cycle menstruel. Ces experts de l’Imperial College London apportent aujourd’hui, dans le British Medical Journal (BMJ), de nouvelles données "rassurantes" sur ces changements menstruels après la vaccination contre le COVID-19.

 

Les chercheurs britanniques font état des dernières preuves qui suggèrent que tout changement, le cas échéant « n’est que de courte durée et faible par rapport à la variation naturelle des cycles normaux ». C’était déjà la conclusion de cette précédente étude d’une équipe de l'Oregon Health & Science University, soutenue par les NIH et publiée dans la revue Obstetrics & Gynecology : avant tout, l’étude confirmait l’augmentation légère et significative de la durée du cycle menstruel après la vaccination COVID et estimait cette augmentation à 1 jour en moyenne chez les femmes vaccinées.  Une étude plus récente a montré ensuite que le vaccin COVID bouscule le cycle mais pas la fertilité

Tout changement reste-t-il vraiment faible par rapport à la variation naturelle des cycles normaux ?

Ainsi, de nombreuses femmes ont signalé des changements dans leurs règles après une vaccination contre le COVID-19 et des preuves de ce décalage ont été réunies. Les experts britanniques mettent aujourd’hui en avant de nouvelles études observationnelles qui apportent des données rassurantes suggérant que tout changement reste faible par rapport à la variation naturelle des cycles normaux.

 

L’un des principaux auteurs, le Dr Victoria Male, spécialiste de Santé reproductive à l'Imperial College de Londres, résume ici ces dernières conclusions :

 

Une première analyse des données de 3.959 participantes ayant enregistré au moins 6 cycles consécutifs sur une application de suivi du cycle menstruel, dont 2.403 participantes vaccinées conclut a contrario des études précédentes que :

 

  • la première dose de vaccin n'a aucun effet sur le cycle suivant, mais que la deuxième dose est bien associée à un retard de 0,45 jour ;
  • les participantes ayant connu le cycle le plus perturbé sont celles ont reçu les 2 doses du vaccin au cours du même cycle (n=358) : ces femmes ont accusé un retard de 2,32 jours des règles suivantes ;
  • 11 % de ces femmes ont même connu une modification de la durée du cycle de plus de 8 jours, une différence jugée par les experts « cliniquement significative », car ce taux est à comparer à 4 % dans le groupe non vacciné ;
  • dans tous les groupes, et en cas de changement, la durée des cycles est revenue à la normale deux cycles après la vaccination.

 

Une deuxième étude a interrogé 5.688 participantes sur des changements menstruels spécifiques (tels que des saignements intermenstruels inattendus ou des douleurs menstruelles plus importantes que la normale) au cours des cycles précédant et suivant chaque dose de vaccin. Cette étude semble révéler un niveau très élevé de variation des cycles normaux, jusque-là non pris en compte :

 

  • 38 % des participantes signalent en effet au moins un changement par rapport à la normale dans les cycles qui ont précédé la vaccination ;
  • 39 % après la première dose de vaccin ;
  • 41 % après la deuxième dose ;
  • le changement post-vaccination le plus fréquemment signalé est constitué par des règles plus importantes que la normale ;

 

Selon les experts, ces nouvelles données sont plutôt rassurantes : des modifications du cycle menstruel se produisent après la vaccination, elles ne semblent plus contestables, mais elles sont faibles par rapport à la variation naturelle et s'inversent rapidement.

 

Est-ce vraiment totalement rassurant ? En pratique, les auteurs en « tirent » une implication, chercher à éviter -ce qui est possible au Royaume-Uni- un schéma de vaccination à 2 dosses au cours d’un même cycle.

L’Agence sanitaire britannique, la MHRA (Medicines and Healthcare products Regulatory Agency) vient d’affirmer, de son côté, que les preuves actuelles ne corroborent pas l'existence d'un lien entre les modifications des cycles menstruels et la vaccination COVID. La recommandation de l’Agence britannique aux femmes connaissant ces changements après la vaccination est de …se faire traiter selon les voies cliniques habituelles.

 

Enfin, les experts reviennent sur les preuves plus récentes suggérant que l'infection par le COVID peut réduire le nombre et la qualité des spermatozoïdes donc induire des effets sur la fertilité.

« Il reste encore beaucoup à apprendre », reconnaissent finalement les auteurs qui appellent néanmoins à une recherche plus urgente : déterminer si un groupe de femmes est particulièrement vulnérable et mieux définir l'étendue et la persistance de ces changements.

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