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GROSSESSE et VACCIN COVID : Quel risque de malformations congénitales ?

Actualité publiée il y a 8 mois 3 jours 8 heures
JAMA Pediatrics
La vaccination COVID-19 en début de grossesse peut-elle, même dans de rares cas, augmenter le risque d'anomalies fœtales congénitales ? (Visuel Adobe Stock 446920336)

La vaccination COVID-19 en début de grossesse peut-elle, même dans de rares cas, augmenter le risque d'anomalies fœtales congénitales ? La réponse est apportée par cette équipe de pédiatres et de gynécologues de la Northwestern University (Illinois) qui publie dans le JAMA Pediatrics. L‘étude confirme en effet, l’absence d’association significative entre la vaccination contre COVID-19 en début de grossesse et d‘éventuelles anomalies fœtales majeures à l'échographie.

 

Si on sait que les femmes enceintes infectées par le SRAS-CoV-2 encourent une morbidité maternelle et néonatale accrue, si les vaccins COVID-19 disponibles sont confirmés comme sûrs et efficaces pendant la grossesse, on manque de recul pour évaluer les risques possibles pour le fœtus. C’est l’objectif de cette étude de cohorte qui a suivi des femmes enceintes, vaccinées contre le COVID et mené une analyse anatomique fœtale entre mars et novembre 2021.

 

L’étude a pris en compte une fenêtre tératogène de 30 jours avant la conception jusqu'à 14 semaines de gestation. Les anomalies congénitales fœtales ont été définies comme des anomalies structurelles identifiables au cours du deuxième trimestre, l'interprétation échographique étant réalisée par des périnatologistes ou des spécialistes en obstétrique et gynécologie.

L’analyse des données des dossiers de santé des femmes enceintes, non vaccinées, vaccinées en dehors de la fenêtre tératogène et vaccinées dans la fenêtre tératogène et le suivi anatomique de leurs bébés, révèle que :

 

  • sur 3.156 participantes, âgées en moyenne de 33 ans, 2.622, soit 83 % ont reçu au moins 1 dose de vaccin et 1.149 soit 44 % ont été vaccinées dans la fenêtre tératogène ;
  • une anomalie a été identifiée chez 27 des 534 participantes non vaccinées (5,1%) et chez 109 des 2.622 participantes ayant reçu au moins 1 dose de vaccin (4,2%) ;
  • des résultats similaires sont observés lorsque la fenêtre tératogène est réduite ;
  • après prise en compte des facteurs de confusion possibles, dont l’âge à l'accouchement, nulliparité, l’hypertension chronique et le taux d'hémoglobine A1c au cours du premier trimestre,

la vaccination dans la fenêtre tératogène ne s’avère pas associée à la présence d'une anomalie congénitale identifiée à l'échographie (OR : 1,05).

On estime le taux moyen de malformations structurelles chez les nouveau-nés en population générale -aux Etats-Unis-  entre 3 % à 5 % des naissances et on sait que ces malformations sont associées à un risque accru de morbidité et de mortalité infantiles. Ces résultats rassurent : ils suggèrent que la vaccination COVID-19 en début de grossesse n'est pas associé à un taux accru d'anomalies structurelles fœtales identifiées par échographie.

 

Certes, les auteurs soulignent quelques limites dont l’origine monocentrique des données et encore de nombreuses grossesses de l’étude en cours donc des données néonatales parfois incomplètes. Cependant, ces conclusions, tout de même solides et concordantes avec celles de précédentes études sont très rassurantes.

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