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GROSSESSE : Le stress maternel influe-t-il sur la croissance de l'Enfant ?

Actualité publiée il y a 3 années 3 semaines 3 jours
Journal of Child Psychology and Psychiatry

Une grossesse difficile, stressée, angoissée, aura des répercussions sur le bébé in utero, avait conclu cette large étude publiée dans le Journal of Child Psychology and Psychiatry qui aboutissait à une association significative entre grossesse difficile et vie plus difficile aussi, plus tard, pour l’enfant. Cependant l’étude échouait à démontrer une relation de causalité systématique du stress de la mère à la vulnérabilité de l’enfant. Cette nouvelle étude confirme un impact du stress maternel chronique durant la grossesse sur la croissance du fœtus in utero, mais révèle aussi un mécanisme qui permet ensuite au bébé de rattraper, en général, son retard de croissance.

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Cette équipe de l'Université de Zurich a examiné l'association entre la réponse au stress chronique et les niveaux, dans le liquide amniotique, de corticotrophine et d'urocortine -des hormones régulée par le cortisol- chez 34 femmes en bonne santé et au 2è trimestre de leur grossesse. Les chercheurs ont également pris en compte les niveaux de cortisol salivaire chez les mères pour évaluer le « stress aigu » au moment de l'amniocentèse. L'amniocentèse a d'ailleurs « servi » de facteur de stress et d'anxiété chez les mères. L'analyse a enfin rapproché ces différents niveaux d'hormones du stress, des données de croissance du fœtus et des résultats de naissance néonatals. Les participantes enceintes ont également renseigné par questionnaire leurs niveaux et types de stress social chronique. Les paramètres de croissance fœtale ont été obtenus lors de l'amniocentèse à l'aide de l'échographie, puis à la naissance à partir du dossier médical.


Stress maternel chronique et retard de croissance in utero : l'analyse révèle en effet que,

-les femmes qui ont déclaré être stressées présentaient bien des niveaux d'hormones de stress plus élevés dans le liquide amniotique et le stress maternel chronique -mais pas aigu- est bien associé, en particulier, à la libération plus élevée de corticotrophine dans le liquide amniotique,

-la corticotrophine amniotique est négativement associée à la taille du fœtus à l'amniocentèse mais positivement avec la croissance (en taille) du moment de l'amniocentèse jusqu'à la naissance. Ainsi, des niveaux plus élevés d'hormones du stress dans le liquide amniotique sont associés à des bébés plus légers et plus petits in utero, mais dont la croissance est ensuite plus rapide, de sorte qu'ils ne présentent plus de différence de taille, à la naissance, vs les autres bébés.

-Ces travaux montrent qu'un stress maternel chronique, mais pas aigu, peut affecter la sécrétion spontanée de corticotrophine dans le liquide amniotique et que le rôle de cette hormone est complexe dans les processus de croissance du fœtus.

Un mécanisme naturel de compensation ? Cette petite étude conclut sur une note d'espoir puisqu'elle suggère un mécanisme naturel qui permet au bébé même soumis in utero au stress de sa mère de rattraper son retard de croissance. Cependant, l'étude ne fait qu'effleurer, et sur un petit échantillon de mères, les effets possiblesde niveaux accrus de l'hormone du stress sur le développement prénatal. En effet, des études chez l'animal ont suggéré d'autres effets sur la maturation des organes et d'autres risques de maladies mentales ou physiques plus tard dans la vie. Ces premières données appellent donc à poursuivre les recherches en particulier sur le rôle complexe des hormones de stress durant la grossesse.

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