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GROSSESSE : Le stress maternel a-t-il des effets neurologiques sur le bébé ?

Actualité publiée il y a 11 mois 4 semaines 1 jour
Molecular Psychiatry
Les périodes de stress maternel prénatal sont associées à des résultats neurodéveloppementaux défavorables chez l’enfant (Visuel Fotolia 139653501)

Cette équipe de psychologues de l'Université de Cincinnati (UC) examine l'impact du stress maternel pendant la grossesse sur la santé de l'enfant. Cette méta-analyse, unique en son genre et publiée dans la revue Molecular Psychiatry, livre des informations clés sur le développement neurologique du fœtus.

 

Les périodes de stress maternel prénatal sont associées à des résultats neurodéveloppementaux défavorables chez l’enfant, conclut cette étude, qui commence à décrypter les mécanismes biologiques sous-jacents à cette association. On retrouve à nouveau des modifications épigénétiques, induites par le stress maternel qui induit lui-même une réaction chimique dans le corps par laquelle une molécule, un groupe méthyle, est ajoutée à l'ADN. Cette modification appelée méthylation de l'ADN est identifiée comme l’un des effets de l'environnement fœtal sur le développement neurologique du fœtus, mais également sur son métabolisme et ses fonctions immunologiques.

 

L’auteur principal, Anna Ruehlmann, chercheur au Département des sciences de l'environnement et de la santé publique de l'UC College of Medicine, explique ainsi que l’étude est la première à examiner sur un échantillon aussi large, l'ensemble de l'épigénome, et pas seulement les gènes déjà connus comme des gènes de contrôle du stress. L’auteur rappelle qu’une modification épigénétique ne modifie pas la séquence de l'ADN, mais son expression, qui est dynamique et évolue en réponse aux expositions environnementales. Cette expression peut être activée ou désactivée plus tard dans la vie de l'enfant. On pense que c'est un mécanisme de contrôle de l'expression génique.

 

Cette méta-analyse des données de 5 cohortes menées au total auprès de plus de 5.500 mères prend en compte les effets de 5 types de stress auxquels les futures mamans peuvent être confrontées pendant la grossesse. Il s'agit du stress financier, du conflit avec un partenaire, du conflit avec un membre de la famille ou un ami, de la violence (y compris physique, émotionnelle et mentale) et du décès d'un proche. Chaque participante a reçu un score combinant toutes les catégories de stress et reflétant son exposition globale. L’analyse confirme que :

 

  • un score élevé de stress pendant la grossesse est associé avec la méthylation de l'ADN dans le sang du cordon ombilical, soit une modification épigénétique qui se développe in utero et touche le bébé
  • 5 emplacements spécifiques de méthylation de l'ADN sont identifiés comme associés à 3 facteurs de stress maternels différents pendant la grossesse ;
  • ces modifications se produisent dans des gènes déjà connus comme impliqués dans le développement neurologique. Des analyses fonctionnelles seront prochainement menées pour voir comment ces gènes fonctionnent et comment la méthylation de l'ADN peut affecter leur expression.

 

« Les modifications épigénétiques sont un processus très dynamique, il y a beaucoup de changements qui peuvent se produire en réponse à des facteurs environnementaux. Ce que nous observons au début du développement fœtal, vous n’en verrons le résultat que probablement bien plus tard au cours du développement de l’enfant ».

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