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GROSSESSE TARDIVE : Un risque cardiaque chez les garçons, pourquoi ?

Actualité publiée il y a 7 mois 6 jours 13 heures
Scientific Reports
Des modifications du placenta chez les femmes enceintes plus âgées pourraient expliquer un risque accru de problèmes cardiaques chez les bébés garçons

Des modifications du placenta chez les femmes enceintes plus âgées pourraient expliquer un risque accru de problèmes cardiaques chez leur bébé, en particulier chez les garçons, révèle cette étude de l’Université de Cambridge. Une étude d’actualité car les femmes conçoivent leurs enfants de plus en plus tardivement et peu d’études encore ont regardé quelles étaient les implications des grossesses tardives sur le placenta et le développement du fœtus. Les conclusions, présentées dans les Scientific Reports impliquent donc une surveillance cardiaque accrue des garçons nés de mères plus âgées.

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Les chercheurs britanniques rappellent que le placenta transporte les nutriments et l'oxygène de la mère au fœtus, sécrète des facteurs de signalisation chez la mère qui lui permettent de mener sa grossesse et constitue la principale barrière de protection du fœtus contre les toxines, les bactéries et les hormones (dont les hormones de stress) présentes dans le sang de la mère. Le placenta est un organe « dynamique », dont la fonction évolue avec la croissance du fœtus. Tout au long de la grossesse, le placenta protège le fœtus, en particulier lorsque les conditions sont moins favorables à son développement, par exemple en cas de carence nutritionnelle ou d’hypoxie, ou encore de stress maternel. 

« Il est essentiel de prendre en compte le sexe du fœtus lorsque l’on suit des femmes enceintes plus âgées ».

Cette étude menée chez le rat,-un modèle dont la biologie et la physiologie partage un certain nombre de similitudes avec l'Homme- montre une progéniture moins nombreuse chez les femelles gravides plus âgées mais aussi, et c’est l’objet de la recherche, des différences spécifiques au sexe dans le développement et de la fonction du placenta. Les  chercheurs ont analysé les placentas de rates âgées de 3 à 4 mois et âgées de 9,5 à 10 mois, gravides de progénitures mâles et femelles (10 mois chez l‘animal correspond à environ 35 ans chez les humains). L'analyse révèle que :

 

  • l'âge maternel avancé réduit l'efficacité du placenta des fœtus masculins et féminins (en général) mais affecte plus nettement la structure et la fonction du placenta en cas de fœtus mâle : dans ce cas, la fonction placentaire de soutien de la croissance du fœtus est significativement réduite ;
  • ces différences sont susceptibles de jouer un rôle central dans le risque accru de problèmes cardiaques plus tard dans la vie et d'hypertension artérielle, chez les garçons.
  • le placenta des fœtus de sexe féminin présente des modifications de structure et des fonctions parfois bénéfiques et de nature à optimiser la croissance fœtale ; ainsi, dans ces cas particuliers, le placenta soutient même mieux la croissance du fœtus féminin que ne le ferait le placenta d'une mère plus jeune ;
  • dans le cas des fœtus mâles, toutefois, le placenta présente des modifications qui peuvent, au contraire, limiter la croissance fœtale.

 

C’est une toute nouvelle donnée sur la fonction du placenta, en cas de grossesse tardive. Mais alors que les grossesses après 35 ans sont de plus en plus nombreuses, ce résultat veut contribuer à la mise en œuvre d'interventions ciblées pour ces enfants nés de mères plus âgées. L’auteur principal, le Dr Tina Napso, chercheur à l'Université de Cambridge rappelle aussi que la grossesse est associée, chez les mères plus âgées, à un risque accru de complications pour la mère et son bébé, dont la prééclampsie, le diabète gestationnel, le risque de mortinaissance et une restriction de la croissance fœtale.

 

« Nous savons maintenant que la croissance ainsi que l'expression des gènes dans le placenta sont affectées par l’âge de la mère, mais d'une manière qui peut aussi dépendre, en partie, du sexe de l’enfant : nous devons retenir que les modifications du placenta en cas de fœtus de sexe masculin sont plus fréquemment préjudiciables », concluent les chercheurs.

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