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IMAGERIE : Les scans responsables de 5 % des cancers ?

Actualité publiée il y a 1 année 4 jours 11 heures
JAMA Internal Medicine
Les scanners classiques ou tomodensitométrie pourraient être responsables de 5 % des cas de cancer chaque année (Visuel Adobe Stock 749549228)

Les scanners classiques ou tomodensitométrie pourraient être responsables de 5 % des cas de cancer chaque année, conclut ce bilan d’une équipe de l’Université de Californie à San Francisco (UCSF). Leurs rayons pourraient entraîner des cancers du poumon, du sein et d'autres, avec un risque 10 fois plus élevé chez les nourrissons. L’étude, publiée dans le JAMA Internal Medicine, appelle à une meilleure sensibilisation des soignants et à plus d’information pour les patients.

 

Le scanner ou tomodensitométrie (TDM) est un type courant d’imagerie médicale qui utilise des rayons X à faible dose pour produire des images de différentes parties du corps. « L’imagerie peut sauver des vies, mais ses effets secondaires sont souvent négligés », explique le Dr Rebecca Smith-Bindman, radiologue à l'UCSF et professeur d'épidémiologie, de biostatistique, d'obstétrique, de gynécologie et de sciences de la reproduction. Si la tomodensitométrie (TDM) reste néanmoins indispensable et largement utilisée pour détecter les tumeurs et diagnostiquer de nombreuses maladies, ces 20 dernières années, le nombre de TDM réalisées dans le monde, a augmenté, et précisément de 30 % aux États-Unis ; cette augmentation pose question alors que 

l’examen expose les patients aux rayonnements ionisants, un agent cancérigène, connu depuis longtemps.

 

C’est bien un signal d’alarme qui est lancé : « nos estimations placent la tomodensitométrie au même niveau que d'autres facteurs de risque importants, dont la consommation d'alcool et le surpoids ».

 

L’étude a cherché à préciser l'impact de l'utilisation actuelle de la TDM sur la santé publique, en estimant notamment le nombre total de cancers associés à l'exposition à ces rayonnements d’imagerie. 93 millions d'examens réalisés auprès de 61,5 millions de patients ont ainsi été analysés. Parmi les principales conclusions :

 

  • le nombre d'examens augmente avec l'âge, atteignant un pic chez les adultes âgés de 60 à 69 ans ;
  • 4,2 % des examens sont effectués chez les enfants ;
  • Dans l’étude, le plus grand nombre de cancers intervient chez l’adulte : 10.400 cas chez les femmes et 9.300 chez les hommes ;
  • les cancers les plus fréquents chez l'adulte sont le cancer du poumon, du côlon, la leucémie, de la vessie et du sein ;
  • les cancers les plus fréquents chez l'enfant, sont les cancers ceux de la thyroïde, du poumon et du sein ;
  • le plus grand nombre de cancers chez l'adulte provenait des scanners de l'abdomen et du bassin, tandis que chez l'enfant, ils provenaient des scanners de la tête ;
  • le risque de cancer -associé à l’examen toujours- est le plus élevé chez les personnes ayant subi un scanner avant l'âge d'un an ;
  • ainsi, les personnes ayant subi un scanner avant l'âge de 1 an sont 10 fois plus susceptibles de développer un cancer que les autres.

Changer les pratiques, sous peine d’augmenter les cancers

Quelles implications ? Les patients pourraient/devraient réduire leur risque en réduisant, lorsque possible, le nombre de scanners ou en s’assurant qu’il s’agit de scanners à plus faible dose. En effet, les chercheurs notent « une variation inacceptable- des doses de rayons utilisées pour la TDM.

 

Enfin, une information au patient s’impose : peu de patients et peu de familles, lorsqu’il s’agit de jeunes enfants, sont informés des risques associés à ces examens d’imagerie. Les cliniciens doivent également mieux s’informer pour mieux quantifier et communiquer ces risques de cancer à leurs patients.

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