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INFECTIONS NOSOCOMIALES : Peau à peau avec le nouveau-né oui, mais gare au Staph !

Actualité publiée il y a 1 année 3 mois 2 semaines
APIC 2018 et American Journal of Infection Control
À la suite de l'intervention, 98% des personnels interrogés étaient bien conscients des exigences d’hygiène de la peau des parents.

Préparer les parents de nouveau-nés, et les soignants, à la pratique du peau-à-peau, en particulier dans les unités de soins intensifs néonatals (USIN) est une nécessité, plaide cette étude d’une équipe de l’hôpital pour enfants du Michigan. Ces chercheurs qui présentent leurs travaux à la 45è Conférence annuelle de l’Association for Professionals in Infection Control and Epidemiology (APIC) recommandent 3 mesures de base pour réduire le risque d’infection, une sensibilisation accrue à l'hygiène des mains, une formation obligatoire des personnels sur les risques d’infection nosocomiale, et la mise en place d'un protocole d’hygiène pour les parents avant les soins de peau-à-peau.

 

Les USIN encouragent de plus en plus les soins tactiles et de peau-à-peau ou méthode « kangourou », pour favoriser le développement des nouveau-nés. Mais cette équipe du Michigan qui pratique ces soins peau-à-peau constate un effet secondaire indésirable : un pic d'infections à Staphylococcus aureus (SA) chez les nouveau-nés. L’équipe a donc cherché à vérifier le lien entre peau-à-peau et pic d’infections puis développé une intervention pour limiter ce risque d’infections.

 

Un protocole efficace contre les infections à SA : au cours de la première année suivant la mise en œuvre de ce programme, 20 bébés de l’USIN ont développé ces infections à SA, vs 59 petits patients l'année précédant la mise en place du protocole. « Nous savons que les soins peau-à-peau sont bons pour le bébé, mais l'augmentation des infections a montré que ce type de soins peut aussi comporter un risque », explique le Dr Gwen Westerling, auteur et hygiéniste à l'Hôpital pour enfants : « Nos résultats démontrent que des interventions aussi simples que le nettoyage de la peau des parents avant la pratique du peau-à-peau peut considérablement réduire le taux d’infections ».

 

L'éducation des soignants sur les infections à AS s’avère également un élément essentiel de cette stratégie. À la suite de l'intervention, 98% des personnels interrogés étaient bien conscients des exigences d’hygiène de la peau des parents. Cette formation obligatoire du personnel avait été réalisée en ligne. Puis les personnels médicaux et infirmiers ont éduqué les parents et la famille sur ces mesures d’hygiène de la peau.

 

Car si ces procédures d'hygiène des mains et de la peau peuvent sembler simples et bien connues, en pratique il reste des progrès à accomplir dans leur mise en œuvre avec à la clé un potentiel encore important de réduction des infections nosocomiales.

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