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MALNUTRITION précoce et troubles de la croissance

Actualité publiée il y a 4 mois 3 semaines 1 jour
Nature
La malnutrition précoce dans la vie prépare la voie à une croissance médiocre voire à des troubles de la croissance, ainsi qu’à une mortalité prématurée plus élevée (Visuel Adobe Stock 459258940)

La malnutrition précoce dans la vie prépare la voie à une croissance médiocre voire à des troubles de la croissance, ainsi qu’à une mortalité prématurée plus élevée, rappelle avec force cette équipe de pédiatres et de nutritionnistes de l’Université de Californie San Francisco (UCSF) dans la revue Nature. Selon l’étude, une meilleure nutrition pendant la grossesse et les années de conception et de procréation est essentielle pour protéger la santé des enfants ainsi que leur développement durant les 1.000 premiers jours de vie, une période de très grande vulnérabilité.

 

Ce sont 3 études publiées dans Nature qui apportent l’image la plus complète à ce jour des effets dramatiques de la malnutrition sur la croissance de l’enfant, au cours de ses 2 premières années de la vie. Ces conclusions interviennent -ici aux Etats-Unis- mais plus largement en pleine augmentation de la précarité pour des millions d’enfants, dans les pays du Sud en particulier, mais dans les pays riches aussi.

Plus d’1 enfant sur 5 dans le monde ne consomme pas suffisamment de calories pour grandir normalement,

ce sont ainsi près de 150 millions d’enfants dans le monde accusant un poids bien trop faible pour leur taille. Plus d’1 million de ces enfants en état de malnutrition meurent chaque année et plus de 250.000 souffrent de retard de croissance. Et ces enfants ayant souffert d’un retard de croissance durant l’enfance vont immanquablement connaître un développement cognitif moins bon, ce qui se traduira par des conditions de vie et de santé dégradées à l’âge adulte.

Un retard de croissance ou une taille trop petite pour l’âge indique une malnutrition chronique,

tandis que l'émaciation (maigreur extrême) révèle une malnutrition aiguë.

 

L’auteur principal, le Dr Benjamin Arnold, épidémiologiste des maladies infectieuses et biostatisticien, professeur agrégé à la Fondation Francis I. Proctor de l'UCSF. « Cela suggère qu’il existe une fenêtre très étroite d’intervention idéalement pendant la période prénatale. Des interventions plus larges sont nécessaires notamment pour améliorer la nutrition chez les femmes en âge de procréer ».

 

La saison de naissance fait une différence, c’est une autre conclusion importante.

 

L'étude, menée par une équipe internationale de plus de 100 chercheurs, a examiné les données de près de 84.000 enfants âgés de moins de 2 ans, ces données étant issues de 33 études menées entre 1987 et 2014 dans 15 pays d'Asie du Sud, d'Afrique subsaharienne, d’Amérique latine et d’Europe de l'Est. Cette analyse révèle en substance que :

 

  • les effets de la malnutrition sont plus visibles dans les pays à faibles ressources ;
  • en Asie du Sud, 20 % des enfants présentent ainsi un retard de croissance à la naissance et plus de 52 % ont souffert d'émaciation avant leur 2è anniversaire ;
  • il existe des différences dans la prévalence de cette maigreur extrême qui coïncident avec les précipitations et reflètent probablement l’insécurité alimentaire saisonnière dans les régions où les populations dépendent des cultures comme principale source de nutrition ; ainsi, en Asie du Sud, un enfant né en mai est beaucoup plus susceptible de souffrir de malnutrition qu'un enfant né en janvier.

 

« Dans certains pays, le moment de la naissance de l’enfant détermine sa trajectoire de croissance et, pourtant aucune intervention n’est mise en œuvre pour corriger ces « déficits » saisonniers ».  

 

L’intervention précoce est essentielle, c’est le signal d’alarme lancé par ces chercheurs. Car, même si certains enfants parviennent à rattraper leur retard de croissance, une malnutrition plus précoce réduit l’efficacité possible des interventions de santé publique. Actuellement, la plupart des interventions nutritionnelles chez l’enfant commencent après l’âge de 6 mois environ, soulignent les chercheurs, car elles incluent des suppléments nutritionnels et les programmes de santé publique ne souhaitent pas interférer avec l’allaitement maternel. Mais à 6 mois, il est déjà trop tard pour prévenir un retard de croissance chez environ un tiers des enfants dans ces populations plus vulnérables.

Il s’agit donc d’offrir un soutien nutritionnel et sanitaire aux femmes avant même la conception,

et de poursuivre ce soutien pendant et après la grossesse.

 

« La malnutrition précoce trace une voie inquiétante qui peut s'étendre sur plusieurs générations. Des interventions immédiates sont essentielles, mais nous avons besoin d’investissements pour soutenir les mères et les enfants durant au moins leurs 1.000 premiers jours de vie ».

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