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INSOMNIE : Et si l’on pensait plutôt prébiotiques ?

Actualité publiée il y a 5 mois 3 jours 10 heures
Scientific Reports
De nouvelles approches, par prébiotiques, pourraient traiter les problèmes de sommeil de millions de personnes

Vous n'arrivez pas à dormir mais ne voulez pas prendre de médicaments ? Le concept est simple : les prébiotiques alimentaires peuvent apporter des changements favorables au microbiome intestinal et réduire notre vulnérabilité aux perturbations induites par le stress, en particulier lors de comportements complexes comme le sommeil. La théorie est défendue par cette équipe de Université du Colorado à Boulder qui élargit les bienfaits des fibres alimentaires au-delà de la santé digestive. « Ces fibres spécifiques connues sous le nom de prébiotiques peuvent améliorer le sommeil et augmenter la résilience au stress en influençant les bactéries intestinales et les molécules ou métabolites actifs qu'elles produisent », écrivent ces gastro-entérologues dans les Scientific Reports.

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La recherche pourrait conduire à de nouvelles approches, par prébiotiques, pour traiter les problèmes de sommeil de millions de personnes. Mais comment ?  Les mécanismes de la façon dont les prébiotiques modulent la physiologie du stress restent flous en dépit de nouvelles preuves suggèrent que les microbes intestinaux et leurs métabolites pourraient jouer un rôle. Les chercheurs ont donc regardé si le stress et / ou les prébiotiques alimentaires altèrent le métabolome fécal et si ces éventuels changements étaient liés au sommeil.

Vous ne dormez pas? Certains composés alimentaires influencent les métabolites intestinaux et atténuent le stress

 

« Le point à retenir ici est les fibres ne sont pas seulement là pour « gonfler » les selles et traverser le système digestif », explique l’auteur principal, Robert Thompson, chercheur postdoctoral au Département de physiologie intégrative : « Elles nourrissent les micro-organismes qui vivent dans nos intestins et permettent une relation symbiotique avec nous, notre cerveau et notre comportement ».

 

Probiotiques ou prébiotiques ? Nous connaissons le principe des probiotiques, des « bactéries amicales » présentes dans les aliments fermentés comme le yaourt. Plus récemment, les scientifiques se sont intéressés aux prébiotiques - des composés alimentaires que les humains ne peuvent pas digérer mais qui servent de nourriture aux milliards de bactéries de notre microbiome intestinal. Bien que toutes les fibres ne soient pas des prébiotiques, de nombreux aliments fibreux comme les poireaux, les artichauts, les oignons et certains grains entiers en sont riches.

 

Prébiotiques = meilleure récupération du stress et meilleure qualité de sommeil : dans cette étude, les chercheurs ont nourri des rats mâles avec un régime standard ou enrichi en prébiotiques et ont suivi leurs mesures physiologiques avant et après un stress imposé. L’expérience montre que :

  • les animaux soumis au régime prébiotique ont dormi plus longtemps avec un sommeil plus réparateur (à mouvements oculaires rapides) ;
  • après l’épisode de stress, ces animaux ont également présenté un sommeil à mouvements oculaires rapides (REM) sur une durée plus longue, une phase de sommeil essentielle pour récupérer du stress ;
  • en revanche, les rats mis au régime standard accusent, après l’épisode de stress, un "aplatissement" malsain de leur température corporelle et une baisse de diversité de leur microbiome intestinal.

 

Oui, les prébiotiques peuvent aider à réduire le stress :

« Nous savons que certaines fibres alimentaires permettent de mieux résister au stress, de promouvoir une bonne qualité et quantité de sommeil, en protégeant le microbiome intestinal ».

 

Identifier les signaux intestinaux  anti-stress : À l'aide de la spectrométrie de masse, l’équipe analyse les échantillons fécaux des rats et mesurent les niveaux des métabolites ou les petites molécules bioactives produites par les bactéries lors de la décomposition des aliments. Ils constatent que le régime prébiotique induit un «métabolome» ou une composition de métabolites sensiblement différent, avec des niveaux plus élevés d’acides gras, de sucres et de stéroïdes qui peuvent, via l’axe intestin-cerveau, influencer le comportement. Ce métabolome est d’ailleurs très différent après le stress. Cette analyse révèle ainsi de nouveaux signaux provenant de microbes intestinaux qui peuvent moduler la physiologie du stress et le sommeil.

 

Un cocktail prébiotique pour un nouveau "somnifère alimentaire" ? Si les fibres alimentaires prébiotiques sont saines et sécures, il n'est pas certain que le simple fait de privilégier certains aliments riches en fibres suffise à rétablir le sommeil. Dans cette étude, 4 prébiotiques ont été apportés à l’alimentation des animaux :

  1. des galactooligosaccharides (présents dans les lentilles et le chou) ;
  2. du polydextrose (PDX), un additif alimentaire approuvé par la FDA souvent utilisé comme édulcorant ;
  3. la lactoferrine, présente dans le lait maternel ;
  4. et des protéines globulaires des matières grasses laitières, abondantes dans les produits laitiers.

Il reste maintenant à travailmler sur un nouveau cocktail adapté à l’Homme, ce qui représente de nombreux défis : « ce sont des molécules puissantes aux effets neuroactifs réels et les gens doivent faire preuve de prudence » écrivent les chercheurs, qui soulignent également les différences de réponses possibles en fonction de la composition microbienne spécifique à chaque personne.

 

Des essais cliniques sont cependant déjà en cours, avec pour objectif clinique, apporter une alternative « aux personnes qui ne peuvent pas dormir mais n'aiment pas prendre de médicaments ».

L’étude est soutenue par Mead Johnson Nutrition.

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