IVG : L'existence d'un lien intergénérationnel

Dans les pays développés, environ 6,7 millions d'IVG sont pratiquées chaque année et une proportion importante de ces avortements chez les adolescentes de 19 ans ou moins. En révélant que les adolescentes dont les mères ont eu une interruption volontaire de grossesse (IVG) sont plus susceptibles d’y avoir recours, cette étude de l'Institut des sciences cliniques de Toronto, présentée dans le Canadian Medical Association Journal, pose la question de l’efficacité probable des stratégies qui engagent les parents pour réduire les rapports sexuels non protégés chez les adolescents.
« Car cette recherche montre qu'il existe une association entre mères et filles dans le calendrier d'une première grossesse qui aboutit à une naissance vivante », souligne le Dr Joel Ray et Ning Liu, co-auteurs de l’étude, qui ont regardé si une tendance similaire existait pour les grossesses se terminant par une interruption volontaire.
Cette large étude a analysé les données de 431.623 filles et des paires mère-fille associées. 73.518 filles étaient de mères ayant eu au moins un avortement (groupe exposé) et 358.105 filles de mères n’ayant pas eu d’IVG (groupe non exposé). L’analyse constate que,
- dans le groupe exposé, le risque d’IVG durant l’adolescence s’élève à 10,1%,
- dans le groupe non exposé, le risque d’IVG durant l’adolescence s’élève à 4,2%.
- 94,5% de ces IVG ayant eu lieu avant 15 semaines de grossesse, il est peu probable qu’ils aient été motivés par une anomalie génétique ou congénitale et dans la plupart des cas, soulignent les auteurs, il est raisonnable de supposer des indications sociales.
- cet effet est dose-réponse: plus le nombre d’IVG chez la mère est élevé, plus il l’est chez ses filles.
Quels facteurs ? Les chercheurs écrivent l’ignorer mais citent de précédentes études suggérant une probabilité plus élevée d’IVG chez les adolescentes confrontées à de plus grandes difficultés socio-économiques, à de mauvais résultats scolaires, à la séparation d'un parent biologique, à un niveau d’études moindre des parents et globalement à un foyer à faibles revenus.
Cependant l’étude pose ainsi la question de stratégies qui engagent les parents pour réduire les rapports sexuels non protégés chez les adolescents et donc le taux d’IVG à l’adolescence.
« Comprendre les principaux facteurs qui contribuent non seulement à la grossesse chez les adolescentes, mais aussi à la décision d’IVG est primordial. Quel que soit le résultat de la grossesse, il y a nécessité d’œuvrer pour la santé des jeunes femmes ».
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