Vous recherchez une actualité
Actualités

OPIOÏDES : Et si on abordait la mortalité maternelle ?

Actualité publiée il y a 1 année 5 jours 9 heures
Obstetrics & Gynecology
Les opioïdes sont considérés comme l'une des principales causes de décès durant la grossesse

Cette étude menée en Utah résonne comme un signal d’alarme dans le contexte de la « crise des opioïdes ». Dans cet Etat en effet, les opioïdes sont considérés comme la principale cause de mortalité maternelle durant la grossesse, selon l’équipe de l’Université de l’Etat. En pleine épidémie d'opioïdes, les futures mères apparaissent comme un groupe particulièrement vulnérable, jusque-là curieusement peu documenté. L’étude, à paraître dans la revue Obstetrics & Gynecology révèle également que les femmes en post-partum qui ont déjà ou actuellement des problèmes de dépendance aux opioïdes, encourent le risque de surdose le plus élevé.

CORONAVIRUS

TENA soutient les aidants
familiaux et leurs proches

Nous soutenons les aidants familiaux et leurs proches pendant cette période difficile. Cliquez ici pour retrouver nos conseils et astuces simples sur l'hygiène.

 

L’équipe de recherche a précisément examiné la nécessité de poursuivre chez ces femmes, le soutien contre la dépendance aux opioïdes, via l’accès aux prescriptions de naloxone et aux soins de soutien en santé mentale durant l’année qui suit l’accouchement. L’équipe décrit ce problème aigu de mortalité maternelle comme « la partie émergée de l'iceberg pour les mères aux prises avec des problèmes de dépendance ». Il s'agit donc d'assurer tout un suivi post-partum de ces mères vulnérables après l’accouchement.

La dépendance aux opioïdes est une cause majeure de décès liée à la grossesse chez les femmes

Cette étude rétrospective menée de 2005 à 2014 a comparé les caractéristiques des femmes ayant connu un décès associé à leur grossesse, c’est-à-dire intervenu pendant la grossesse ou dans l'année qui suit. En synthèse, l’analyse constate que la dépendance aux opioïdes est la principale cause de décès liée à la grossesse chez les femmes de cet Etat, l'Utah : plus des trois quarts des décès intervenus dans la période considérée sont en effet associés aux opioïdes :

  • précisément, 136 décès liés à la grossesse ont été recensés en Utah, durant le suivi de l’étude.
  • Parmi ces cas, 26% s’avèrent liés à l’utilisation de médicaments ;
  • Près des trois quarts (77%) des décès liés aux médicaments sont associés aux opioïdes ;
  • 80% de ces décès surviennent après l'accouchement, après le dernier bilan de santé avec l'obstétricien ;
  • ces décès liés aux médicaments sont équivalents en nombre à ceux associés à 2 autres causes combinées : les caillots sanguins (13%) et les accidents de la route (12%) ;
  • la grande majorité des femmes cessent de consommer ou réduisent leur utilisation d’opioïdes pendant la grossesse mais sont particulièrement vulnérables à la rechute du postpartum ;
  • aucune des mères décédées n’avaient fait l’objet d’un dépistage de dépendance aux médicaments au cours du suivi prénatal, lors de l’accouchement ou du post-partum ;
  • la mortalité d'origine médicamenteuse dans l'année qui suit l’accouchement est souvent due à une diminution de la tolérance, après l'abstinence pendant la grossesse, à des modifications hormonales, à la dépression post-partum, au stress et à la privation de sommeil liée aux soins du nourrisson, aux tensions dans les relations intimes et à une perte de confiance ;

 

 

Vers un 4è trimestre de suivi post-natal ? C’est la recommandation des auteurs qui souhaitent prolonger la durée de contrôle postnatal actuellement de 6 semaines. Car, selon les auteurs, le problème n’est pas borné à l’Utah. La surveillance post-partum doit donc être renforcée et personnalisée, d'autant que 57% des femmes décédées des suites de la consommation d’opioïdes l’ont été à la maison.  

 

« Nous ne pouvons rien faire pour les mères décédées, mais en tant qu'établissement de soins de santé, nous pouvons identifier les failles dans les soins et les combler. Il s’agit concrètement de former des équipes d'obstétrique en suivi de dépendance et de toxicomanie ».

Autres actualités sur le même thème