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L'HYPOTENSION ORTHOSTATIQUE, un signe précurseur de démence?

Actualité publiée il y a 2 années 11 mois 1 semaine
PLoS Medicine

Définie par une chute de la pression artérielle systolique au passage en position debout, avec une sensation de malaise ou de vertige, l’hypotension orthostatique pourrait être liée au risque de démence, suggère cette étude néerlandaise. Des conclusions présentées dans la revue PLoS Medicine, plausibles compte-tenu du lien entre les troubles cardio-cérébro-circulatoires et le risque de démence, mais qui restent néanmoins à confirmer.

Notre système circulatoire est conçu pour compenser les changements de posture et maintenir un flux sanguin constant dans le corps, ainsi, lorsque nous nous levons, notre cœur pompe automatiquement plus vite pour maintenir la pression artérielle et assurer l'irrigation du cerveau. Cependant ce système fonctionne parfois moins bien avec l'âge et de courtes baisses de pression artérielle ou hypotension peuvent intervenir lors de brusques changements de posture. Ces moments d'hypotension peuvent entraîner de courtes périodes de vertige.


Les chercheurs du Centre médical Erasmus (Pays Bas) ont suivi, durant une moyenne de 15 ans, 6.204 personnes âgées de 60 à 70 ans, exemptes de démence à l'inclusion. Leur pression artérielle a été mesurée en position couchée, puis 1, 2 et 3 minutes après le passage en position debout pour identifier une éventuelle hypotension. La fréquence cardiaque a été évaluée avant et après le passage en position debout. La démence a été doublement diagnostiquée, à l'aide du test Mini-Mental State Examination et par évaluation clinique par des médecins spécialistes. Enfin, les chercheurs ont pris en compte les facteurs de confusion, dont la tension artérielle normale, le taux de cholestérol, les antécédents de maladies, les traitements médicamenteux, les antécédents de tabagisme…

Hypotension orthostatique et risque de démence : L'analyse constate que les participants à épisodes d'hypotension orthostatique au début de l'étude ont un risque accru de démence au cours du suivi de l'étude. Précisément,

· 19%des participants connaissaient des épisodes d'hypotension orthostatique,
· 19% des participants ont été diagnostiqués avec la démence, dont 80% avec la maladie d'Alzheimer

· après prise en compte des facteurs de confusion, les participants atteints d'hypotension orthostatique en début d'étude présentent un risque accru de 15% de développer une démence en cours d'étude, soit à 15 ans (soit RR : 1.15 : un ratio à la limite de significativité).
· Les participants à épisodes d'hypotension orthostatique au début de l'étude et présentant une augmentation de la fréquence cardiaque au passage en station debout ont un risque de démence à 15 ans, accru de près de 40% ; soit une augmentation du risque significative.

L'importance de la constance du flux sanguin vers le cerveau : les chercheurs suggèrent que ces événements d'hypotension orthostatique conduisent à des épisodes courts mais répétés d'insuffisance du flux sanguin vers le cerveau, ce qui pourrait favoriser le développement de la démence. Un constat, soulignent les auteurs, qui marque l'importance d'une « perfusion cérébrale » constante, dans la prévention de la démence.

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