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LONGÉVITÉ : Pourquoi la restriction calorique prolonge la durée de vie ?

Actualité publiée il y a 2 années 1 mois 2 semaines
Nature Communications
La restriction calorique est maintenant documentée comme l'une des interventions les plus puissantes pour ralentir le vieillissement et prolonger la vie.

Oui, la restriction calorique est maintenant documentée comme l'une des interventions les plus puissantes pour ralentir le vieillissement et prolonger la vie. Cette étude de la Temple University (Philadelphie), présentée dans la revue Nature Communications, décrypte pour la première fois le mécanisme pouvant expliquer le lien : en deux mots une dérive épigénétique ralentie par la restriction calorique.

 

Les scientifiques savent depuis plus d’1 siècle que la réduction de l'apport calorique peut prolonger considérablement la durée de vie chez certaines espèces animales, mais sans savoir expliquer précisément pourquoi. Ces travaux montrent pour la première fois que la vitesse à laquelle l’épigénome évolue avec l'âge est associée à la durée de vie et que c’est en ralentissant ce processus, que la restriction calorique accroît la longévité.

 

Dérive épigénétique et longévité : la dérive génétique est un phénomène continu dans le génome au fil du temps, caractérisé par des gains et des pertes dans la méthylation de l'ADN. Ce processus se produit plus rapidement chez les souris que chez les singes et plus rapidement chez les singes que chez les humains. Des données qui contribuent à expliquer pourquoi les souris ne vivent que 2 à 3 ans en moyenne, vs 25 ans pour les singes et 70 à 80 ans pour les humains. Ces modifications épigénétiques consistent en modifications chimiques dont la méthylation de l'ADN qui va impacter l’expression des gènes. Ainsi, au cours de la vie, la méthylation augmente dans certaines régions du génome et diminue dans d'autres. Si l’on savait que ces changements se produisaient avec l'âge, on ignorait jusque-là qu’ils conditionnaient aussi la durée de vie.

 

L’analyse des modèles de méthylation de l'ADN du sang à partir de prélèvements de souris, de singes et d’humains, d’âges différents, fait clairement ressortir des variations liées à l'âge, avec des gains de méthylation chez les sujets âgés dans des sites génomiques non méthylés chez des sujets plus jeunes et vice versa. L'étude d'un sous-ensemble de gènes affectés par des modifications de la méthylation liées à l'âge révèle même une relation inverse entre la dérive épigénétique et la longévité. En d'autres termes, plus le nombre de changements épigénétiques est élevé, plus la durée de vie est courte. Et quelle que soit l’espèce étudiée.

 

Pourrait-on freiner la dérive épigénétique ?  Il est en effet tentant, à la lecture de ces données, de ralentir la dérive épigénétique pour augmenter la durée de vie. Intervient alors la restriction calorique -tout en conservant l'apport d'éléments nutritifs essentiels- qui en effet, chez les 2 espèces animales entraine des réductions significatives de la dérive épigénétique. Le ralentissement de la dérive épigénétique contribue ainsi à expliquer comment la restriction calorique prolonge la vie chez les animaux.

 

Des implications importantes, alors que des études récentes ont suggéré qu'une plus grande dérive épigénétique augmente le risque de maladies liées à l'âge, dont le cancer. Modifier la dérive épigénétique pourrait aussi modifier le risque de maladie. Il reste néanmoins à comprendre pourquoi la dérive épigénétique se produit plus rapidement chez certains sujets que d’autres...

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