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MALADIE CARDIAQUE : Cibler le microbiote pour réduire le risque accru avec la viande rouge

Actualité publiée il y a 2 mois 3 semaines 6 jours
ATVB
L’effet de la viande rouge ne se résume pas aux niveaux de cholestérol sanguin (Visuel Fotolia)

Ce risque de maladie cardiaque accru avec la consommation de viande rouge et de produits de la viande, pourrait provenir de la réponse des microbes intestinaux à la digestion, conclut cette équipe de la Friedman School of Nutrition Science et de l'Université Tufts (Boston) dans la revue Arteriosclerosis, Thrombosis, and Vascular Biology (ATVB) : les métabolites ou composés chimiques produits dans le tube digestif par les bactéries du microbiote, après la consommation de viande rouge, contribuent ainsi à expliquer ce risque cardiovasculaire.

 

Les maladies cardiovasculaires restent la principale cause de décès dans le monde. Le mode de vie est principalement en cause dans le risque cardiovasculaire, qui peut favoriser la survenue d’une crise cardiaque ou d’un accident vasculaire cérébral (AVC), en particulier, le régime alimentaire dont l’apport en fruits et légumes, la pratique de l’activité physique, les habitudes de sommeil, le maintien du poids corporel, le tabagisme, le contrôle de la pression artérielle, du cholestérol et de la glycémie.

L’effet de la viande rouge ne se résume pas aux niveaux de lipides et de cholestérol sanguin

« L'essentiel de l'attention portée à la consommation de viande rouge et à la santé a porté sur les niveaux de graisses saturées alimentaires et de cholestérol sanguin », rappelle ainsi l’un des auteurs principaux, le chercheur Meng Wang de la Friedman School of Nutrition de Boston. Alors que de précédentes recherches avaient montré que certains métabolites sont associés à un risque cardiovasculaire accru et en particulier, l’un de ces métabolites, le TMAO (triméthylamine-N-oxyde ou oxyde de triméthylamine), l’étude montre que l'augmentation du TMAO et des métabolites apparentés dans le sang explique une part significative de cette augmentation du risque.

 

Le TMAO est produit par les bactéries intestinales pour digérer la viande rouge qui contient de grandes quantités de L-carnitine chimique. Des niveaux sanguins élevés de TMAO ont été associés à un risque plus élevé de maladies cardiovasculaires, de maladies rénales chroniques et de diabète de type 2. Cependant, on ignorait, avant cette étude, si le TMAO et les métabolites dérivés de la L-carnitine pouvaient expliquer une part des effets de la consommation de viande rouge sur le risque cardiovasculaire et dans quelle mesure.

 

L’étude : les chercheurs ont donc mesuré, chez près de 4.000 participants à l'étude Cardiovascular Health Study (CHS), les niveaux des métabolites dans des échantillons de sang, et examiné si la glycémie, l'inflammation, la tension artérielle et le cholestérol sanguin pouvaient aussi expliquer le risque cardiovasculaire élevé associé à la consommation de viande rouge. Les participants âgés en moyenne de 73 ans, à 2 tiers des femmes, et exempts de maladie cardiovasculaire à l’inclusion ont été suivi durant 12,5 ans en moyenne, et jusqu'à 26 ans dans certains cas. Les chercheurs ont également pris en compte leurs antécédents médicaux, le mode de vie, les résultats de santé et les caractéristiques sociodémographiques. L’analyse a comparé le risque de maladie cardiovasculaire chez les participants qui consommaient différentes quantités d'aliments d'origine animale à celui de personnes n’en consommant pas. Cette analyse révèle que :

 

  • manger plus de viande, en particulier de viande rouge et de viande transformée est bien lié à un risque plus élevé de maladie cardiovasculaire athéroscléreuse : le risque est accru de 22 % pour une consommation de 1,1 portion par jour ;
  • l'augmentation du TMAO et des métabolites apparentés trouvés dans le sang explique environ 10% de ce risque élevé ;
  • la glycémie et les voies de l'inflammation contribuent également à expliquer les liens entre la consommation de viande rouge et les maladies cardiovasculaires : la glycémie et l'inflammation augmentent avec la consommation de viande rouge ;
  • la consommation de poisson, de volaille et d'œufs n'apparaît pas significativement liée à un risque accru de maladie cardiovasculaire ;

 

D’autres recherches restent nécessaires pour préciser les effets possibles sur la santé de la L-carnitine et d'autres substances présentes dans la viande rouge telles que le fer héminique, déjà associé au diabète de type 2. Mais d’ores et déjà ces résultats inspirent de nouvelles interventions pour cibler les interactions entre la viande rouge et le microbiome intestinal afin de réduire le risque cardiovasculaire.

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