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MICI : Un capteur de pH salivaire qui détecte le trouble intestinal

Actualité publiée il y a 2 semaines 4 jours 22 heures
Dyes and Pigments
L'analyse du pH de la salive permet de détecter, à stade précoce, en particulier les maladies gastro-intestinales : gastrite, ulcères de l'estomac, duodénite, etc (Visuel Adobe Stock 390796694)

Ces chimistes de l’Ural Federal University (UrFU, Russie) ont développé un capteur qui évalue avec précision le pH de la salive humaine, et, avec la mesure de ce biomarqueur, permet de détecter de nombreuses maladies intestinales, dentaires ou parodontales. Un développement, documenté dans la revue spécialisée Dyes and Pigments, avec des implications en diagnostic, en recherche médicale et en sciences de l’environnement.

 

L'analyse du pH de la salive est une méthode de diagnostic clinique accessible et non invasive. Elle permet de détecter, à stade précoce, en particulier les maladies gastro-intestinales : gastrite, ulcères de l'estomac, duodénite, etc. Le niveau de pH affecte également les dents : même une légère augmentation de l'acidité de la salive peut provoquer ou évoquer des caries dentaires ou d’autres maladies parodontales.

Un capteur qui mesure le pH de la salive humaine

Ce capteur est un fluorophore -ou colorant fluorescent -qui réagit aux plus petites fluctuations de pH (dixièmes) dans les fluides biologiques. L'analyse est effectuée à l'aide de microdoses de la substance et d'un spectromètre, dans lequel la substance est irradiée avec une lampe spéciale. Les données de pH apparaissent en 5 à 7 secondes. Les premiers résultats d'études conjointes d'échantillons de salive et du capteur, menées par l’équipe sont ici confirmées comme concluantes.

 

« Les capteurs de pH fluorométriques modernes sont basés sur de petites molécules organiques. En règle générale, ils sont très sensibles et sont capables de détecter l'analyte souhaité à de très faibles concentrations, jusqu'à des nanoconcentrations. Notre capteur est basé sur un nouveau composé : Nous avons introduit un fragment fluoré, ce qui nous a permis d'obtenir les propriétés photophysiques et électrochimiques dont nous avions besoin », explique l’auteur principal, Timofey Moseev, ingénieur-chercheur au département de chimie organique et biomoléculaire de l'UrFU.

 

Le capteur a été conçu de manière à être non toxique et respectueux de l'environnement. Pour le créer, les chimistes ont utilisé une méthode de synthèse économe en atomes : aucun catalyseur (nickel, cuivre, palladium) ou réactif supplémentaire n'a été nécessaire.

 

Ce nouveau chimiocapteur peut être utilisé non seulement pour détecter des pH évocateurs de MICI, mais aussi pour analyser l'eau (acidité, présence de métaux ou de toxines) ou encore pour tracer les processus intracellulaires en jouant le rôle de sonde fluorescente : le composé peut s'accumuler à un endroit spécifique de la cellule et colorer une partie spécifique de la cellule puis être suivi au cours des différents processus cellulaires ; cependant, cette application reste à explorer et à optimiser...

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