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MICI : Une mousse au monoxyde de carbone pour lutter l'inflammation ?

Actualité publiée il y a 1 année 7 mois 1 semaine
Science Translational Medicine
Des mousses gastronomiques ou culinaires, qui incorporent de petites quantités de monoxyde de carbone (CO) pourraient être délivrées au tractus gastro-intestinal pour lutter contre la colite et d'autres maladies inflammatoires chroniques intestinales (Visuel Adobe Stock 32080650)

Des mousses gastronomiques ou culinaires, qui incorporent de petites quantités de monoxyde de carbone (CO) pourraient être délivrées au tractus gastro-intestinal pour lutter contre la colite et d'autres maladies inflammatoires chroniques intestinales. Ce développement de bioingénieurs et de gastroentérologues du Massachusetts Institute of Technologie (MIT), qui travaille, plus largement sur les matériaux de piégeage des gaz s’inspire donc des bénéfices du monoxyde de carbone- connu aussi comme un gaz pouvant être mortel.

 

Cependant, à petites doses, le gaz présente quelques avantages pour la santé : il peut contribuer à réduire l'inflammation et à stimuler la régénération des tissus. On sait, depuis la fin des années 1990, que de faibles doses de monoxyde de carbone favorisent la prévention du rejet des organes transplantés, la réduction de la croissance tumorale et la modulation de l'inflammation et des lésions tissulaires aiguës.

 

En revanche, inhalé à des concentrations élevées, le monoxyde de carbone se lie à l'hémoglobine du sang et empêche le corps d'obtenir suffisamment d'oxygène, ce qui peut entraîner de graves effets, jusqu’au décès.

 

« Nous savons depuis des années que le monoxyde de carbone peut avoir des effets bénéfiques contre toutes sortes de pathologies, lorsqu'il est administré sous forme de gaz inhalé, mais son utilisation clinique, et en particulier son mode administration, est restée un défi ».

 

Exploiter ces bénéfices suppose de trouver une nouvelle façon de le délivrer, en quantité adaptée et en évitant ses effets indésirables. En effet, de précédentes études ont montré que de petites quantités de monoxyde de carbone peuvent être inhalées en toute sécurité. Une personne en bonne santé a une concentration de monoxyde de carbone d'environ 1% dans le sang, et peut tolérer des niveaux aussi élevés que 14%, sans effets indésirables.

Une preuve d’efficacité anti-inflammatoire in vivo

L’étude menée sur la souris modèle de MICI montre que ces mousses « comestibles » réduisent l'inflammation du côlon et inversent l'insuffisance hépatique aiguë causée par une surdose d'acétaminophène. L’équipe montre également chez la souris que l'administration de la mousse par voie rectale réduit l'inflammation causée par la colite ou la proctite radio-induite.

 

« La capacité de délivrer un gaz ouvre de nouvelles options thérapeutiques car, jusque-là on ne pouvait envisager un gaz comme un médicament à prendre par voie orale (voire par voie rectale)", explique l’un des auteurs principaux, Giovanni Traverso, professeur de génie mécanique au MIT et gastro-entérologue au Brigham and Women's Hospital.

 

Comment ça marche ? En s’inspirant de techniques de cuisine moléculaire, les chercheurs sont parvenus à incorporer du monoxyde de carbone dans des mousses stables et délivrables dans le tube digestif. L'équipe a créé un siphon modifié qui permet d'incorporer du monoxyde de carbone dans les mousses, enrichies aussi en additifs alimentaires. La composition des mousses permet contrôler le temps nécessaire pour que le gaz soit libéré une fois les mousses administrées. La nouvelle technique, pourrait également être utilisée pour administrer d'autres gaz thérapeutiques.

 

Les traitements actuels de la colite et d'autres affections inflammatoires telles que la maladie de Crohn impliquent généralement des médicaments qui suppriment le système immunitaire, ce qui peut rendre les patients plus vulnérables aux infections. Une alternative complémentaire donc, aux traitements immunosuppresseurs.

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