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MICROBIOTE et santé : Quels aliments privilégier ?

Actualité publiée il y a 2 semaines 3 jours 20 heures
UEG Week
Mais « comment faire » pour se donner toutes les chances d’un microbiote intestinal sain ?

De nombreuses études décryptent ces dernières années le rôle clé du microbiote intestinal pour la santé, et les associations entre un microbiote déréglé et le risque de maladies intestinales, métaboliques et mentales. Mais « comment faire » pour se donner toutes les chances d’un microbiote intestinal sain ? La réponse est simple, opter pour les aliments d'origine végétale et observer globalement un régime alimentaire de type méditerranéen, répond cette étude présentée lors de la UEG (United European Gastroenterology) Week Barcelona 2019. Ses données viennent préciser les effets des différents aliments ou groupes d'aliments sur le microbiote intestinal.

 

Le microbiote intestinal qui recouvre la population microbienne vivant dans l'intestin joue un rôle aujourd’hui bien documenté dans la santé humaine, l’immunité, le métabolisme et l’équilibre neurocomportemental. Des liens ont également été établis avec l'obésité et un manque de diversité du microbiote est retrouvé chez les patients atteints de maladies inflammatoires telles que les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), le rhumatisme psoriasique, le diabète, la dermatite atopique, la maladie cœliaque et la rigidité artérielle. Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin intestinales directement liées à la composition du microbiote représentent un fardeau important pour l’économie, la population et les systèmes de santé européens. Les MICI affectent aujourd’hui environ 3 millions de personnes en Europe et entraînent des dépenses de santé estimées à près de 6 milliards d'euros. L'obésité représente un problème de santé publique encore plus important, plus de 50% de la population européenne étant considérée comme en surpoids ou obèse, et son coût annuel s’élevant à plus de 80 milliards d'euros.

Certains régimes protègent l'intestin en aidant les « bonnes » bactéries à prospérer

Ces travaux de chercheurs du centre médical universitaire de Groningen (Pays-Bas) montrent ici que certains aliments, notamment les légumineuses, le pain, le poisson, les noix et le vin, sont tout particulièrement associés à des taux élevés de bactéries intestinales favorables à la biosynthèse des nutriments essentiels et à la production d'acides gras à chaîne courte (short-chain fatty acids : SCFAs), la principale source d’énergie des cellules qui tapissent le côlon. Ces résultats confirment que le régime alimentaire est une stratégie efficace de prévention et de gestion des maladies intestinales notamment, par le biais de la modulation des bactéries intestinales.

 

61 aliments spécifiquement associés à des bactéries en particulier : l’analyse a été menée auprès de 4 groupes, la population générale, les patients atteints de la maladie de Crohn, de colite ulcéreuse et du syndrome du côlon irritable (SCI). L’analyse d’échantillons de selles des participants a permis d’évaluer leurs microbiotes et de rapprocher cette évaluation des résultats d'une enquête de fréquence alimentaire. L'analyse identifie 61 aliments spécifiques associés à des espèces microbiennes en particulier, et 49 corrélations entre les habitudes alimentaires et ces communautés bactériennes :

  • les régimes alimentaires riches en pain, légumineuses, poisson et noix sont associés à une diminution des bactéries aérobies néfastes ou dangereuses ;
  • un apport plus important de ces aliments est également associé à des taux plus faibles de marqueurs inflammatoires dans les selles, soit d’inflammation intestinale ;
  • une consommation plus élevée de viande, de produits de restauration rapide ou de sucre raffiné est associée à une réduction des fonctions bactériennes bénéfiques et à une augmentation des marqueurs inflammatoires ;
  • le vin rouge, les légumineuses, les légumes, les fruits, les céréales, le poisson et les noix sont associés à une plus grande abondance de bactéries dotées de fonctions anti-inflammatoires ;
  • les régimes végétariens sont associés à des niveaux élevés de SCFAs, principale source d’énergie des cellules tapissant le côlon ;
  • les protéines végétales facilitent la biosynthèse des vitamines et des acides aminés, ainsi que la décomposition des sucres-alcools et l’excrétion d’ammonium ;
  • les protéines d'origine animale et d'origine végétale forment des associations opposées (bénéfique/néfaste) sur le microbiote intestinal.

 

Pouvoir relier le régime alimentaire au microbiome intestinal permet de mieux comprendre comment le régime alimentaire influe via le microbiote sur le risque de maladies intestinales. C’est ensuite pouvoir opter pour le régime alimentaire qui permet de moduler le microbiote de manière bénéfique. C'est donc une option sérieuse de traitement ou de gestion des MICI, mais aussi d’autres maladies.

De manière plus immédiate, ces travaux confirment qu’un régime alimentaire caractérisé par des noix, des fruits, une consommation élevée de légumes et de légumineuses (vs protéines animales), une consommation modérée de poisson, de viande maigre, de volaille, les produits laitiers fermentés et le vin rouge, favorise cet écosystème intestinal. En réalité, on l’aura reconnu, il s’agit de suivre un régime de type méditerranéen.

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