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NEURODÉVELOPPEMENT: L’alimentation pauvre en début de vie associée à un QI plus faible

Actualité publiée il y a 5 jours 1 heure 12 min
Advances in Nutrition
Une alimentation défavorable dans les premières années de vie, notamment pendant la petite enfance, est associée à une intelligence plus faible à l'adolescence (Visuel Adobe Stock 158969010)

Une alimentation défavorable dans les premières années de vie, notamment pendant la petite enfance, est associée à une intelligence plus faible à l'adolescence, révèle cette large revue systématique menée par une équipe de la Swansea University (Royaume-Uni). Des données publiées dans la revue Advances in Nutrition, qui soulignent que les fondations de la santé cognitive sont établies de manière très précoce et que l’alimentation est un facteur déterminant de la cognition.

 

Le cerveau de l'adolescent est le siège d'une neuroplasticité intense, marquée par des changements structuraux et fonctionnels étendus en partie liés aux modifications hormonales et endocriniennes de la puberté. Cette période représente une seconde fenêtre critique du développement cérébral, après la petite enfance. Si l'impact de la nutrition sur le développement cognitif précoce est bien documenté,

l'effet des interventions nutritionnelles pendant l'adolescence elle-même reste à préciser.

Cette revue reconnaît que les capacités cognitives tardives se construisent sur des bases précoces, et souligne comment la nutrition au plus jeune âge peut façonner les résultats des années plus tard.

 

L'un des auteurs principaux, le Pr Hayley Young, psychologue à la Swansea University, relève :« Ce qui ressort le plus clairement, c'est que ces fondations de la santé cognitive semblent être posées très tôt. Une alimentation insuffisante dans les premières années de vie apparaît liée à une intelligence plus faible des années plus tard, à l'adolescence, même après prise en compte de nombreux facteurs ».

 

L’étude, une revue et méta-analyse de 73 études dont 48 essais contrôlés et 25 études prospectives, évalue les preuves longitudinales sur les effets d’un large spectre de nutriments, dont le fer, l'iode, la choline, la vitamine D, les polyphénols, les acides gras, les céréales et les interventions multi-nutriments. L'analyse révèle que :

  • une alimentation pauvre dans les premières années de vie, notamment durant la petite enfance, est associée à une intelligence plus faible à l'adolescence, après ajustement sur de nombreux facteurs de confusion possibles ;

  • l'adolescence représente une seconde période clé de neuroplasticité, mais les preuves de l'effet des interventions nutritionnelles pendant cette période restent mitigées ;
  • l'impact de la nutrition sur la cognition dépend de plusieurs facteurs : le moment de l'exposition pendant le développement, les caractéristiques du patient, la durée et le type d'intervention, et les capacités cognitives spécifiquement mesurées ;
  • des résultats apparemment inconsistants dans la littérature ne doivent pas être interprétés comme une preuve que l'alimentation a peu d'influence, mais reflètent la complexité méthodologique de ce domaine de recherche.

 

7 principes directeurs sont proposés pour de futures recherches :

 

  1. adopter une perspective à vie,
  2. dépasser l’analyse par nutriments isolés,
  3. utiliser des biomarqueurs biologiquement valides,
  4. inclure des analyses spécifiques à la période de la puberté et au sexe,
  5. standardiser les résultats,
  6. prioriser le contexte et les caractéristiques des participants,
  7. contrôler les principaux facteurs de confusion.

 

Quelles implications ? Ces résultats confirment l'importance d'une alimentation de qualité dès les premières années de vie pour le développement cognitif à long terme. Ils appellent à des recherches de haute qualité pour déterminer si l'adolescence constitue toujours une fenêtre d'opportunité distincte et exploitable pour des interventions nutritionnelles ciblées sur la cognition et les performances scolaires.

 

D’autres recherches sont prévues pour préciser l'efficacité des interventions nutritionnelles pendant l'adolescence.

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