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OBÉSITÉ et CANCER : Dans quels cas le surpoids est-il le plus cancérigène ?

Actualité publiée il y a 4 semaines 1 jour 16 heures
International Journal of Epidemiology
Il existe un moment où la prise de poids est particulièrement préjudiciable en regard de ce risque.

On sait que l’obésité est le défi mondial en Santé publique, associé à un risque accru de développer plusieurs types de cancer. Cependant cette sensibilisation reste à améliorer alors que seuls 25,4% des personnes sont bien conscientes de cette association entre surpoids et cancer. On sait aussi que la graisse favorise l’agressivité de la tumeur et plusieurs mécanismes sous-jacents à ce mécanisme ont été documentés. Cette nouvelle étude de l'Université de Bergen, publiée dans l’International Journal of Epidemiology, au-delà de confirmer ce lien entre surpoids et obésité, et un risque accru de certains cancers (sein, endomètre, rein, côlon), révèle les conditions d'une prise de poids particulièrement préjudiciable en regard de ce risque.

 

Si l'obésité est aujourd’hui un facteur de risque établi de plusieurs cancers, il n’existe en effet que peu ou pas d’études qui portent sur les circonstances, le moment et la durée de la prise de poids chez l'adulte et leur impact sur cette augmentation du risque de cancer. Cette étude est donc la première à examiner et à suivre l'impact de l'IMC (indice de masse corporelle) et de ses changements au fil du temps, ainsi que le moment et la durée de l'excès de poids, sur le risque de cancers liés ou non à l'obésité.

Ainsi, la surcharge pondérale avant 40 ans augmente particulièrement le risque

C’est la principale conclusion de cette large étude qui révèle que le risque de cancer augmente considérablement en cas de prise poids excessive avant l’âge de 40 ans. Un exemple flagrant, le cancer de l'endomètre, dont le risque est accru de 70%, en cas d’excès de poids au début de l’âge adulte.

 

Une très large étude : l’analyse porte en effet sur les données de 6 cohortes européennes rassemblant au total, 221.274 participants dont la taille et le poids ont été relevés à plusieurs reprises sur la période de 1972 à 2014. Les cas de cancer ont été identifiés à partir des registres nationaux du cancer. Les ratios de risque de cancer ont été calculés via des modèles de régression de Cox en fonction de la période de survenue de la prise de poids et de la durée de l'état de surpoids ou d'obésité. Cette analyse montre que :

  • au cours de ce suivi de plus de 40 ans, 27.881 cas de cancer ont été diagnostiqués ;
  • 9.761 étaient associés à une obésité ;
  • le risque relatif de cancer, tous cancers confondus, lié à l'obésité augmente de manière dose-dépendante avec l’excès de poids, l'IMC maximum et la durée du surpoids (chez les hommes uniquement) ;
  • les participants en surpoids avant l'âge de 40 ans encourent le risque proportionnellement à l’IMC, le plus élevé de cancers liés à l'obésité avec une augmentation globale de 15 à 16% en moyenne chez les participants des 2 sexes ;
  • cette augmentation du risque associée à l’excès de poids dans cette première période de l’âge adulte s’avère particulièrement élevée pour certains cancers, dont le cancer de l'endomètre (70%), des cellules rénales (58%) et du côlon chez l'homme (29%).

 

 

Si l’on savait que la prise de poids chez l'adulte est associée à un risque accru de plusieurs cancers majeurs, il faut retenir de cette étude que le de degré, le moment et la durée du surpoids pèsent également de manière considérable dans le risque.

Prévenir la prise de poids peut réduire le risque de cancer : c’est à nouveau le message clé porté par cette étude, auprès, plus particulièrement, de la cible des jeunes adultes. Car plus la prise de poids est précoce, plus le risque des cancers associés à l’obésité est élevé.

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