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OBÉSITÉ et CANCER: Pourquoi chargées de graisse, les tumeurs sont mauvaises

Actualité publiée il y a 3 années 3 mois 1 semaine
Cancer Research

Toutes les cellules cancéreuses ne sont pas agressives de la même manière. Si la plupart peuvent être neutralisées par la radio ou la chimiothérapie, d’autres y sont résistantes. Parmi les facteurs de résistance possibles, chez ces cellules dites « stressées » car parvenant à survivre en milieu hostile, une surcharge en gouttelettes de graisse, qui semble leur conférer une plus grande agressivité et une capacité supérieure à se propager. Un phénomène décrit dans la revue Cancer Research, qui contribue également à expliquer non seulement l’association entre obésité et risque de cancer mais aussi les niveaux d’agressivité plus élevés des tumeurs, chez les patients obèses.

L'intérieur d'une tumeur cancéreuse est plongé en milieu hostile et doit résister au déficit en oxygène, à un pH acide et au manque de nutriments. Ces cellules qui parviennent à résister à cet environnement sont appelées « cellules stressées ». Ce sont aussi les plus agressives.


Des cellules stressées et des cellules graisseuses : l'étude est la première à faire le lien entre cellules résistantes, agressives et chargées de graisse. Le mécanisme est simple : pour survivre à l'intérieur de la tumeur, les cellules stressées rentrent dans une phase de repos ou latence, deviennent hors d'atteinte de la radio ou chimiothérapie, mais, en revanche continuent à accumuler des gouttelettes de graisse. La graisse leur sert de combustible, faute d'autres nutriments et leur permet de se préparer à quitter, plus tard, leur phase de repos pour entamer une phase de croissance et de propagation. Un très faible pourcentage de cellules cancéreuses qui entrent dans la circulation sanguine peut former des métastases. Ici les chercheurs montrent que ces cellules graisseuses sont les plus capables de former des métastases. Elles vont utiliser les dépôts de graisse comme source d'énergie, pour construire leurs membranes cellulaires ou pour fabriquer des molécules de signalisation.

Et si l'on privait les cellules cancéreuses de graisse ? On les priverait d'une bonne partie de leur énergie, et donc de leur capacité de propagation. « Une fois que nous en saurons plus sur la façon dont les cellules stressées accumulent ces réserves de graisse, nous pourrons les priver de cette énergie supplémentaire ». Les auteurs évoquent déjà l'héparine, un antithrombotique à la capacité de dissoudre les caillots sanguins, mais aussi de réduire de l'absorption des particules de graisse. Un mécanisme déjà documenté chez des patients cancéreux ayant reçu l'héparine et qui obtiennent de meilleurs résultats. Plusieurs études cliniques portant sur les effets de l'héparine contre le cancer sont déjà en cours…

Il est bien connu que l'obésité induit un risque accru de développer certains types de cancer. Les personnes obèses ont plus de particules de graisse circulant dans le sang, accessibles aux cellules cancéreuses stressées. Il est également connu que les tumeurs sont, en général, plus agressives chez les patients obèses.

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