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OBÉSITÉ : Exercice ou GLP-1, quelle est la meilleure option anti-inflammatoire ?

Actualité publiée il y a 1 mois 3 jours 9 heures
ECO2024
En cas d'obésité, rien, -même les analogues du GLP-1- ne rivalise avec la capacité anti-inflammatoire de l’exercice (Visuel Adobe Stock 197323639)

Cet essai randomisé mené par une équipe de biologistes et de pharmacologues de l'Université de Copenhague, révèle le pouvoir anti-inflammatoire de l'exercice aérobique chez les adultes obèses, et en conséquence, son efficacité à atténuer le risque de troubles métaboliques et cadiovasculaires, dont le diabète de type 2 et l’athérosclérose. Ces nouvelles données, présentées lors de l’European Congress on Obesity (ECO2024) montre qu'en cas d'obésité, rien, -même les analogues du GLP-1- ne rivalise avec la capacité anti-inflammatoire de l’exercice.

 

L’auteur principal, Signe Torekov, chercheur à l'Université de Copenhague rappelle que l’accumulation excessive de graisse dans le tissu adipeux entraîne une inflammation chronique de bas grade, caractérisée par des niveaux chroniquement élevés de cytokines pro-inflammatoires, qui contribuent au développement de maladies métaboliques.

 

« L’exercice peut réduire le risque de complications liées à l’obésité et que de nouveaux médicaments amaigrissants, comme les agonistes des récepteurs du peptide-1 de type glucagon (GLP-1), développés à l’origine pour le diabète, réduisent efficacement l’obésité et les troubles associés ».

 

La nouvelle recherche examine si la combinaison exercice + analogues du GLP-1 permet bien de réduire efficacement l'inflammation chronique de bas grade chez les personnes souffrant d’obésité, un processus en cause dans de nombreuses maladies chroniques liées à l'âge.

 

L’étude S-LITE, un essai randomisé, en double aveugle et contrôlé par placebo est mené auprès de 195 adultes âgés en moyenne de 42 ans à 63 % des femmes souffrant d'obésité (IMC 32-43 kg/m²) mais sans antécédents de diabète. Les participants ont suivi un régime hypocalorique (800 kcal/jour sur une dizaine de jours) et ont perdu au moins 5 % de leur poids corporel (soit une perte de poids moyenne de 13 kilos). Les participants ont ensuite été randomisés pour :

 

  1. poursuivre leur activité habituelle durant 1 an et recevoir un placebo,
  2. pratiquer durant 1 an l'exercice au minimum à raison de 150/75 minutes d'exercice modéré/intense par semaine  et recevoir un placebo,
  3. poursuivre leur activité habituelle durant 1 an et recevoir du liraglutide (3 mg/jour) ;
  4. pratiquer l'exercice au minimum à raison de 150/75 minutes d'exercice modéré/intense par semaine  et recevoir le traitement au liraglutide- pour maintenir leur perte de poids.

 

L'intervention d'exercice consistait en 2 séances supervisées par semaine d'exercices principalement vigoureux sur vélo + 2 séances individuelles par semaine, pour atteindre un minimum de 150 minutes/semaine d’exercice. Des échantillons de sang ont été prélevés avant et après le régime hypocalorique et après la période de traitement d'un an pour mesurer les changements dans les facteurs d’'inflammation chronique (les cytokines inflammatoires comme les interleukines (IL-2, IL-6, IL-8, IL-10, IFN-γ) et facteur de nécrose tumorale alpha (TNF-α)). L’expérience révèle que, à 1 an :

 

  • les participants du groupe liraglutide seul ont perdu en moyenne 0,7 kilo supplémentaire ;
  • les participants du groupe exercice ont repris 2,0 kilos ;
  • les participants du groupe placebo sans exercice ont repris environ la moitié de leur perte de poids initiale, soit environ 6 kilos ;
  • les participants du groupe exercice combiné exercice + liraglutide ont perdu en moyenne 3,4 kg supplémentaires.

Au-delà de l’évolution du poids corporel,

 

  • le groupe exercice seul a réduit les niveaux d'IL-6 en moyenne de 31,9 % et de 18,9 % vs placebo. Ces mêmes participants ont également réduit les niveaux d’IFN-γ en moyenne de 36,6 % et de 37,2 % vs placebo ;
  • les groupes liraglutide seul et liraglutide + exercice  a réduit ses taux d'IL-6 de 17,3 % et 19,9 % en moyenne, respectivement, au cours de la période d'intervention, mais ces niveaux ne différaient pas de manière significative vs placebo. Aucun changement n’est observé dans l'IFN-γ dans les groupes placebo, liraglutide ou combinaison liraglutide + exercice ; aucune différence significative n'a été observée entre les groupes dans les concentrations plasmatiques d'IL-2, d'IL-8, d'IL-10 et de TNF-α.

 

En conclusion, l'exercice est bien la stratégie la plus efficace pour réduire l'inflammation chronique de bas grade associée à l’obésité. Le traitement par liraglutide ne permet pas de réduire plus fortement l’inflammation, et même lorsqu’il est combiné à l’exercice.

 

Des résultats qui confirment l’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse comme un incontournable, en cas d’obésité, pour prévenir l’inflammation et les maladies métaboliques associées.

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