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VACCIN COVID : L’obésité réduit la durée de protection

Actualité publiée il y a 1 année 1 semaine 5 jours
Nature Medicine
L'obésité accélère la perte de l'immunité après la vaccination contre le COVID-19 (Visuel Adobe Stock 418491907)

L'obésité accélère la perte de l'immunité après la vaccination contre le COVID-19, selon cette étude menée par des immunologistes des Universités de Cambridge et d’Edimbourg : en d’autres termes, la protection offerte par la vaccination contre le COVID-19 diminue plus vite et dure moins longtemps chez les personnes souffrant d'obésité sévère. L'étude, publiée dans la revue Nature Medicine, suggère ainsi que les personnes obèses auront probablement besoin de rappels plus fréquents pour maintenir leur immunité.

 

Les essais cliniques ont montré que les vaccins COVID-19 sont très efficaces à réduire les symptômes -ou l'incidence des formes symptomatiques-, les hospitalisations et les décès causés par le virus, y compris pour les personnes obèses. De précédentes études ont néanmoins suggéré que les niveaux d'anticorps pourraient être plus faibles chez les personnes vaccinées obèses, qui pourraient rester plus à risque de forme sévère que leurs homologues de poids normal. La nouvelle étude confirme que la capacité des anticorps à neutraliser le virus diminue plus rapidement chez les personnes vaccinées obèses.

Des implications importantes en santé publique mondiale

On a pu observer durant la pandémie, rappellent les chercheurs, que les personnes obèses étaient plus susceptibles d'être hospitalisées, d'avoir besoin de ventilation et encouraient un risque accru de décès du COVID-19. L’obésité a depuis été confirmée comme un facteur de risque de formes plus sévères et de complications de la maladie.

 

L’étude regarde dans quelle mesure 2 des vaccins les plus largement utilisés protègent les personnes obèses par rapport aux personnes de poids normal, au fil du temps. Il s’agit d’une large analyse des données en temps réel de 3,5 millions de participants écossais dans le cadre de l'étude EAVE II. Les chercheurs ont pris en compte l'hospitalisation et la mortalité dues au COVID-19 chez les participants ayant reçu 2 doses du vaccin à ARNm Pfizer-BioNTech ou du vaccin AstraZeneca. Cette analyse révèle que :

 

  • les participants souffrant d'obésité sévère (soit ayant un IMC supérieur à 40 kg/m2) ont un risque accru de 76 % de complications graves du COVID, vs les participants ayant un IMC normal :
  • une légère augmentation du risque est également observée chez les personnes obèses (30 à 39,9 kg/m2) et chez les participants souffrant d'insuffisance pondérale ;
  • les infections de percée, intervenues après la 2è dose de vaccin entraînent une hospitalisation et un décès plus tôt soit dès la 10è semaine suivant la dernière dose, chez les participants souffrant d’obésité sévère et dès la 15è semaine chez les participants obèses, alors que les personnes ayant un poids de santé sont protégées jusqu’à la 20è semaine.

 

Ces résultats illustrent que la protection obtenue grâce à la vaccination COVID-19 diminue plus rapidement pour les personnes souffrant d'obésité sévère vs celles ayant un indice de masse corporelle (IMC) normal.

Ces données vont permettre d’affiner les recommandations de vaccination contre le COVID-19.

L’analyse du nombre et de la fonction de cellules immunitaires des participants, 6 mois après la deuxième dose de vaccin, puis après un rappel ou 3è dose puis au fil du temps, révèle que :

 

  • 6 mois après la 2è dose, les personnes souffrant d'obésité sévère ont des niveaux d'anticorps similaires à ceux des participants de poids normal ;
  • cependant, la capacité de ces anticorps à agir efficacement pour lutter contre le virus ou capacité de neutralisation est réduite chez les personnes obèses ; en d’autres termes, les anticorps produits par les personnes souffrant d'obésité sévère sont moins efficaces pour neutraliser le virus du SRAS-CoV-2, car moins capables de se lier au virus et avec la même force.
  • 55 % des personnes souffrant d'obésité sévère ont ainsi une capacité de neutralisation non quantifiable voire indétectable, vs 12 % des personnes avec un IMC normal.
  • Ces analyses confirment que l'obésité modifie la réponse vaccinale avec un impact sur le risque d'infection.

 

Cependant, lorsqu'un rappel du vaccin est administré, la capacité des anticorps à neutraliser le virus apparaît restaurée chez les participants sévèrement obèses, comme de poids normal. Ainsi, chez les personnes obèses, des rappels sans doute plus fréquents s'imposent.

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