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OMEGA-3 : Pas vraiment bénéfiques pour tous les génotypes !

Actualité publiée il y a 1 année 6 mois 2 semaines
PLoS Genetics
Tout le monde ne répond pas de manière similaire à l’huile de poisson et à ses acides gras, les omega-3 (Visuel Fotolia)

Tout le monde ne répond pas de manière similaire à l’huile de poisson et à ses acides gras, les omega-3. Cette recherche menée à Université de Géorgie (UGA) et publiée dans la revue PLoS Genetics montre que les avantages « vont » uniquement avec une constitution génétique spécifique : cette découverte d’un gène unique qui peut modifier la réponse à la supplémentation en huile de poisson appelle à de nouvelles études sur des échantillons plus larges et à de nouvelles recommandations.

 

Car les suppléments d'huile de poisson ou omega-3, pris indifféremment par de nombreuses personnes sans prescription, constituent une industrie de plus d’un milliard de dollars, soulignent les auteurs d’Augusta. Cette supplémentation est motivée par de nombreuses allégations d’avantages pour la santé dont certains toujours discutés. Cette recherche montre que cette supplémentation ne profite qu’à certaines constitutions génétiques.

L'effet n'est pas forcément bénéfique à la santé cardiovasculaire

Kaixiong Ye, professeur de génétique au Franklin College of Arts and Sciences de l’UGA et son équipe se sont concentrés sur les effets de l'huile de poisson et de ses acides gras omega-3 sur les triglycérides, un biomarqueur de maladie cardiovasculaire : « nous savons depuis des dizaines d’années qu'un niveau plus élevé d'acides gras omega-3 dans le sang est associé à un risque plus faible de maladie cardiaque ».

 

Tout dépend du génotype : l’analyse constate que la supplémentation en huile de poisson n'est pas bénéfique pour tout le monde. La supplémentation en huile de poisson peut contribuer à la réduction des taux de triglycérides les personnes ayant certains profils génétiques, mais pas toutes.

« Si vous n'avez pas le bon génotype, l’huile de poisson augmente les triglycérides »

Les chercheurs ont analysé les données de 4 lipides sanguins (graisses), biomarqueurs de maladie cardiovasculaire : lipoprotéines de haute densité (HDL), lipoprotéines de basse densité (LDL), cholestérol total et triglycérides, chez 70.000 participants à la Biobank britannique. L'équipe a réparti les participants en 2 groupes,

  • ceux qui prenaient des suppléments d'huile de poisson/omega-3 (n= environ 11.000),
  • ceux qui n’en prenaient pas.

 

Un gène clé, GJB2 : les chercheurs ont effectué une analyse pangénomique pour chaque groupe. Cette analyse révèle une variante génétique significative du gène GJB2 :

  • les participants porteurs du génotype AG ayant pris la supplémentation ont bénéficié d’une baisse de leur taux de triglycérides ;
  • les participants porteurs du génotype AA ayant pris la supplémentation ont bénéficié d’une légère hausse de leur taux de triglycérides ;
  • les participants porteurs du génotype GG montrent des réponses variables, non significatives.

 

Donc, sauf à connaître son génotype, la prise d’une supplémentation en omega-3 n’est pas toujours bénéfique pour la prévention cardiovasculaire. Cette découverte peut contribuer à expliquer les résultats mitigés des études précédentes sur les bénéfices cardiovasculaires d’une telle supplémentation. Ces précédents essais cliniques n'ont pas pris en compte les génotypes des participants, relèvent les auteurs.

 

La prise de suppléments alimentaires n’est pas anodine et devrait, comme tout traitement, être prescrite de manière personnalisée. De plus, concluent les auteurs, compte tenu de son succès, la supplémentation en omega-3 devrait bénéficier de recommandations plus restrictives.

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