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PERTE du CONJOINT : Risque accru de démence chez les hommes, mais pas chez les femmes

Actualité publiée il y a 21 heures 2 min 5 sec
Journal of Affective Disorders
Le deuil conjugal -ou le décès du partenaire- est associé à un risque accru de démence et de mortalité chez les hommes, mais pas chez les femmes (Visuel Adobe Stock 514755825)

Le deuil conjugal -ou le décès du partenaire- est associé à un risque accru de démence et de mortalité chez les hommes, mais pas chez les femmes. Cette recherche, menée par une équipe de psychologues de la Boston University School of Public Health (BUSPH), publiée dans le Journal of Affective Disorders, suggère que les hommes veufs présentent une détérioration de leur santé physique et cognitive, ainsi qu'une diminution de leurs interactions sociales, tandis que certaines femmes veuves parviennent à maintenir une certaine satisfaction et qualité de vie.

 

La perte d'un conjoint ou d’un partenaire est une épreuve extrêmement douloureuse et stressante. Avec l'allongement de l'espérance de vie, de plus en plus de couples sont confrontés à cette détresse. Cependant,

le deuil conjugal semble affecter différemment les hommes et les femmes.

L’auteur principal, le Dr Koichiro Shiba, professeur d'épidémiologie à la BUSPH, relève : « l’année qui suit le décès semble être une période particulièrement à risque pour les hommes. Un soutien proactif de la famille, des amis et des professionnels de santé est primordial. Il s’agit de prendre en compte la solitude et les comportements à risque, dont une consommation excessive d’alcool ».

 

De précédentes recherches ont montré peu de différences entre les sexes quant aux répercussions du deuil conjugal sur la santé. Cette nouvelle recherche apporte un éclairage précieux sur les multiples dimensions de la santé et du bien-être après la perte du conjoint et soulignent la nécessité de stratégies de soutien adaptées aux femmes et aux hommes.

 

L’étude a examiné le deuil conjugal chez près de 26.000 participants à l'Étude japonaise d'évaluation gérontologique, dont 1.076 avaient perdu leur conjoint. L'équipe a examiné 37 conséquences de santé du deuil conjugal lors de trois vagues d'enquêtes (2013, 2016 et 2019), en analysant les différences selon le sexe et la durée du deuil. L’analyse constate que :

  • les hommes veufs présentent une santé physique et mentale plus fragile, ainsi qu'un bien-être moindre ;

  • en revanche, certaines femmes veuves ne connaissent qu'une baisse de bonheur à court terme, sans autre implication pour leur santé, et leur bien-être général s'améliore avec les années ;
  • vs les hommes non veufs, les hommes ayant perdu leur conjointe sont exposés à un risque accru de démence, de mortalité et de difficultés d'autonomie, ainsi qu'à un risque plus élevé de dépression lié à une diminution du bonheur et du soutien social ;
  • les femmes semblent mieux résister à ces effets sur la santé après le décès de leur mari : elles ne présentent aucune augmentation des symptômes dépressifs et, souvent à plus long terme, une augmentation du bonheur et de la satisfaction de vivre qui persiste ensuite des années après le deuil.

 

« Perdre son conjoint ou son partenaire est un événement bouleversant qui peut avoir des répercussions bien au-delà du simple deuil. Nous constatons ici que les hommes veufs sont plus durement touchés à presque tous les égards, tandis que

les femmes veuves font preuve d'une résilience à toute épreuve ».

Des recherches supplémentaires sur la qualité de la relation, l’intensité des soins et d’autres facteurs de confusion possibles sont nécessaires pour comprendre les conséquences du deuil sur la santé.

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