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POLLUTION et CANCERS: Les preuves s'accumulent contre les particules

Actualité publiée il y a 3 années 7 mois 3 semaines
Cancer Epidemiology, Biomarkers & Prevention

Le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’OMS a déjà classé, en 2013, la pollution de l'air extérieur et, indépendamment, les microparticules, comme des facteurs cancérogènes pour les humains, du groupe 1, c’est-à-dire avérés ou certains. Cette nouvelle étude de l’Université de Birmingham qui confirme ces données dans la revue Cancer Epidemiology, Biomarkers & Prevention, appelle à nouveau la communauté internationale à lutter contre la pollution. Sous peine d’augmentations certaines, en cas d’exposition, du risque de certains cancers, notamment du poumon et des organes digestifs.

Les chercheurs de l'Université de Birmingham et de Hong Kong démontrent que l'exposition à long terme aux polluants environnementaux et précisément aux particules fines de diamètre aérodynamique inférieur à 2,5 micromètres (PM2,5), est associée à un risque accru de décès liés à de nombreux types de cancer, ici au sein d'une population de personnes âgées.


L'étude a porté sur les données de 66.280 participants âgés de 65 ans ou plus, suivis entre 1998 et 2011. Les concentrations annuelles de PM2,5 à leur domicile ont été estimées en utilisant les données satellites et des moniteurs sur site. L'analyse montre que :

· pour chaque augmentation de l'exposition de 10 ug/ m³ aux PM2.5, le risque de décès de toutes formes de cancers confondues augmente de 22%,

· l'exposition à long terme aux particules PM2,5 estassociée principalement aux décès de causes cardio-pulmonaires et liés au cancer du poumon, mais les auteurs démontrent aussi un effet équivalent sur le risque de cancers touchant d'autres sites :

· pour chaque augmentation de l'exposition de 10 ug/ m³ aux PM2.5, le risque de décès par cancer dans le tractus digestif supérieur augmente de 42%,

· le risque de décès par cancers touchant les organes digestifs secondaires (le foie, des voies biliaires, la vésicule biliaire et le pancréas) augmente de 35%.

· Pour les femmes, de l'exposition de 10 ug/ m³ aux PM2.5 est associée à une augmentation de 80% du risque de décès par cancer du sein,

· Chez les hommes à une augmentation de 36% du risque de décès d'un cancer du poumon.

Quelle explication ? Les auteurs évoquent des défauts de réparation de l'DN, des altérations de la réponse immunitaire et une inflammation pouvant déclencher l'angiogenèse qui permet aux tumeurs de se propager. Dans le cas des organes digestifs, la pollution pourrait également affecter le microbiote intestinal ce qui pourrait médier le développement du cancer.

L'étape suivante déjà prévue est de pouvoir vérifier si d'autres pays connaissent des associations similaires entre PM2,5 et décès liés au cancer.

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