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PRÉÉCLAMPSIE : Prédire le risque des années avant la grossesse

Actualité publiée il y a 2 jours 13 heures 46 min
JAMA Network Open
Des analyses de sang réalisées 4 à 6 ans avant la grossesse peuvent déjà prédire le risque de prééclampsie (Visuel Adobe Stock 273329191)

Des analyses de sang réalisées 4 à 6 ans avant la grossesse peuvent déjà prédire le risque de prééclampsie : cette équipe de biologistes du Karolinska Institutet (Suède) montre que de légères anomalies de la glycémie, des lipides sanguins et de l'inflammation détectées plusieurs années avant la grossesse sont associées à un risque accru d'hypertension gravidique et de prééclampsie. L’étude, publiée dans le JAMA Network Open, confirme un risque jusqu’à multiplié par 3 chez les femmes présentant ces marqueurs.

 

L'hypertension artérielle durant la grossesse est une complication relativement fréquente, pouvant évoluer vers la prééclampsie, un syndrome potentiellement grave associant hypertension, atteinte rénale et risque de complications maternelles et fœtales sévères. La surveillance de la tension est systématique à chaque consultation prénatale, mais l'évaluation du risque reste essentiellement fondée sur des données recueillies après le début de la grossesse, ne laissant que peu de marge pour une prévention en amont.

 

La recherche ouvre une nouvelle perspective, celle d’analyses biologiques de routine — glycémie, cholestérol LDL, triglycérides, apolipoprotéine B, index TyG (Triglyceride-Glucose) et haptoglobine (glycoprotéine du foie) — qui, réalisées 4 à 6 ans avant la grossesse pourraient constituer des signaux précoces du risque obstétrical.

 

L’auteur principal, Karin Leander, professeur au Karolinska, explique : « Notre étude montre que des analyses sanguines précoces, déjà utilisées dans les soins de santé primaires et dans d'autres contextes, peuvent aider à identifier les femmes à risque bien avant qu'elles ne tombent enceintes. À long terme, cela ouvre de nouvelles possibilités pour prévenir les complications de la grossesse ».

 

L’étude, observationnelle et rétrospective, est menée auprès de 35.000 femmes primipares suivies dans des registres nationaux. L’analyse des données biologiques et de suivi de grosses révèle que :

 

  • selon le biomarqueur concerné, entre 5,5 et 12,8 % des femmes présentant des perturbations métaboliques pré gestationnelles ont développé ces complications vs 4,1 à 5,3 % chez celles participantes ayant des valeurs dans la norme ;
  • des élévations modérées du cholestérol LDL, des triglycérides et de l'apolipoprotéine B sont associées à un risque accru ;
  • l'index TyG — marqueur de résistance à l'insuline et de perturbation du métabolisme glucidique — est également lié à ce risque ;
  • l'haptoglobine, marqueur d'inflammation de bas grade, constitue un signal supplémentaire indépendant ;
  • ces associations sont observées même pour des valeurs encore classées dans les limites de la normale selon les critères cliniques actuels, suggérant que les seuils de risque pourraient/devraient être plus bas pour les femmes en âge de procréer.

 

Quelles implications ? Ces résultats ouvrent la voie à une utilisation des bilans biologiques de routine comme outil complémentaire d'évaluation du risque obstétrical, y compris en amont de la grossesse.

 

Ces données invitent ainsi à repenser le calendrier de l'évaluation du risque obstétrical — non plus seulement après la conception, mais bien avant, à travers des bilans biologiques accessibles et déjà intégrés dans les soins primaires courants.

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