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PRÉMATURITÉ : Une nouvelle ventilation libère la respiration

Actualité publiée il y a 3 mois 3 semaines 4 jours
CHEST®
Comme la NCPAP, la NHFOV est non invasive, et permet, en plus, une meilleure élimination du CO2 et une capacité fonctionnelle accrue.

C’est une nouvelle stratégie de ventilation non invasive permettant aux prématurés de respirer plus librement, que nous propose, dans la revue Chest, cette équipe de l'Université médicale de Chongqing (Chine). Son nom, la ventilation oscillatoire nasale à haute fréquence. Son avantage : elle réduit de plus de 50% la réintubation chez les prématurés à risque élevé.

 

Les nouveau-nés prématurés atteints du syndrome de détresse respiratoire sont exposés à des risques accrus de décès, de maladie grave et d'hospitalisation prolongée, en particulier s'ils développent un syndrome de détresse respiratoire aiguë. Cette étude suggère que le traitement par ventilation nasale oscillante à haute fréquence (Nasal high-frequency oscillatory ventilation ou NHFOV) constitue une stratégie de gestion bénéfique chez ce groupe de nouveau-nés. Son efficacité s'avère supérieure à la pression nasale positive continue (nasal continuous positive airway pressure ou NCPAP) dans la prévention des réintubations.

La ventilation invasive reste l’un des piliers de la réduction de la mortalité néonatale mais...

C’est la première étude à comparer les 2 techniques d'assistance respiratoire post-extubation chez les prématurés atteints de syndrome de détresse respiratoire aiguë néonatal, explique l’auteur principal, le Dr Yuan Shi, du Département de néonatologie de l’Hôpital pour enfants de Chongqing : « Habituellement, l'une des principales causes de la réintubation est la difficulté à éliminer la pression partielle de dioxyde de carbone. Nous constatons ici que la technique NHFOV est supérieure à la NCPAP pour réduire les niveaux du CO2 ».

La ventilation invasive reste l’un des piliers de la réduction de la mortalité néonatale chez les prématurés atteints de syndrome de détresse respiratoire. Ces troubles respiratoires généralement causés par une immaturité pulmonaire liée à la naissance prématurée peuvent devenir aigus, en raison d’atteintes cliniques telles que l'inhalation de produits chimiques toxiques, le vomi ou le méconium, une inflammation ou une lésion des poumons, une pneumonie ou un choc septique. Quelle que soit la cause du dysfonctionnement respiratoire, la ventilation invasive peut augmenter le risque de lésions pulmonaires associées, ce qui peut entraîner une dysplasie broncho-pulmonaire et une atteinte neurologique, en particulier chez les nourrissons nécessitant une intubation répétée ou prolongée. Par conséquent, le sevrage précoce de la ventilation invasive est essentiel pour réduire ces risques et constitue un objectif primordial pour les néonatalogistes.

 

NHFOV vs NCPAP : La NCPAP est un traitement largement utilisé pour améliorer la ventilation chez les prématurés, mais ne permet pas d'éviter la réintubation chez tous les nourrissons. La nouvelle technique NHFOV pourrait améliorer ces résultats en combinant les avantages de la NCPAP et ceux de la ventilation oscillatoire à haute fréquence (HFOV). Comme la NCPAP, la NHFOV est non invasive, et permet, en plus, une meilleure élimination du CO2 et une capacité fonctionnelle accrue. On pense que les oscillations superposées du NHFOV aident à éviter le piégeage des gaz et contribuent à réguler positivement la pression moyenne des voies aériennes.

 

Un taux de réintubation divisé par 2 avec NHFOV : cet essai contrôlé randomisé est mené auprès de 206 nouveau-nés prématurés nés à moins de 37 semaines et prêts à être extubés, répartis en 2 groupes de 103 pour recevoir un traitement par NHFOV ou NCPAP. Parmi ces nourrissons, 61,7% avaient reçu un diagnostic de syndrome de détresse respiratoire, 25,7%, un syndrome aigu et 12,6% les 2 syndromes combinés. L’essai montre que :

  • le taux de réintubation dans le groupe recevant NCPAP est plus de 2 fois supérieur à celui des nourrissons ayant reçu NHFOV (34,0% contre 15,5%), en particulier chez les grands prématurés ou chez les nouveau-nés atteints de syndrome de détresse respiratoire aigu ;
  • après 6 heures d'extubation, les taux de CO2 chez les nourrissons traités avec NHFOV sont significativement inférieurs à ceux des enfants traités avec NCPAP ;
  • les nourrissons traités par NHFOV ont également pu quitter plus rapidement l'hôpital ;
  • les seuls événements indésirables rapportés dans le groupe NHFOV sont un traumatisme nasal et une dilatation intestinale.

 

2 essais internationaux contrôlés randomisés sont en cours pour valider la supériorité clinique du NHFOV par rapport à d'autres méthodes d'assistance respiratoire et limiter le risque de la réintubation chez ce groupe fragile de prématurés.

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