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RAPAMYCINE : La nouvelle option contre le vieillissement cutané ?

Actualité publiée il y a 12 mois 4 jours 15 heures
GeroScience
a substance est ici documentée pour sa capacité à ralentir le vieillissement, ici cutané et pour la première fois chez l'Homme.

La rapamycine, déjà largement évoquée pour son effet « jouvence » est un médicament déjà approuvé par l’Agence américaine FDA, utilisé pour prévenir le rejet d'organes après une greffe. La substance est ici documentée pour sa capacité à ralentir le vieillissement cutané et pour la première fois chez l'Homme. L’équipe de la Drexel University décrypte dans la revue GeroScience les processus biologiques en jeu et décrit comment la rapamycine élimine les cellules sénescentes et fait monter les niveaux de collagène.

 

La rapamycine tire son nom de l'Ile de Pâques (Rapa Nui), lieu de sa découverte dans une bactérie trouvée dans le sol : habituellement prescrite comme anti-rejet (Sirolimus) lors de greffes d'organes, la rapamycine a déjà été documentée pour ses propriétés de jouvence cérébrale et pour ses effets anti-stress. La molécule agit comme un agent métabolique qui inhibe une voie biologique (la voie mTOR pour mammalian Target Of Rapamycin)- et favorise ainsi la prolifération cellulaire et la synthèse protéique. De précédentes études ont montré que le médicament ralentit le vieillissement chez les souris, les mouches et les vers. Enfin, en plus de son utilisation actuelle pour prévenir le rejet d'organes, la rapamycine est actuellement prescrite (à des doses plus élevées que celles utilisées dans cette étude) pour le traitement de la lymphangioléiomyomatose (LAM pulmonaire sporadique), une maladie pulmonaire rare, et comme médicament anticancéreux.

Un nouvel effet rajeunissement démontré en application cutanée

« Alors que de nombreuses équipes sont à la recherche d’une « fontaine de jouvence », les études qui se succèdent confirment de mieux en mieux les promesses de la rapamycine », commente l’auteur principal, Christian Sell, professeur agrégé de biochimie et de biologie moléculaire à la Drexel University : « Notre équipe s’est donc dit : regardons ses effets sur la peau, un organisme complexe qui comprend à la fois des cellules immunitaires, des cellules nerveuses, des cellules souches. Bref un organe « modèle » qui peut nous en apprendre beaucoup sur l’effet du composé sur le processus de vieillissement ».

 

La peau, un bon modèle : cette étude est l’une des premières à montrer l’effet bénéfique de la substance, en application locale, contre les signes du vieillissement des tissus humains, en particulier de la peau, avec notamment une diminution des rides, une réduction de l’affaissement des tissus et de la peau, et le retour à un teint plus uniforme.

 

La rapamycine « rajeunit » la peau en application locale : dans cette étude, 13 participants âgés de plus de 40 ans ont appliqué une crème à la rapamycine tous les 1 à 2 jours sur une main et une crème placebo sur l’autre pendant 8 mois. Les chercheurs ont examiné les participants à 2,4, 6 et 8 mois, notamment en effectuant un test sanguin et une biopsie tous les 6 mois. Après 8 mois d’application, les mains traitées avec rapamycine ont présenté une augmentation des niveaux de collagène et une réduction des niveaux de protéine p16, un marqueur clé du vieillissement des cellules de la peau : une peau ayant des niveaux très faibles de p16 a moins de cellules sénescentes, associées aux rides. Au-delà d'effets "inesthétiques", des niveaux plus élevés de p16 peuvent entraîner une atrophie cutanée, une affection courante chez les personnes âgées, associée à une peau fragile qui se blesse facilement, à des lésions cutanées ou plaies chroniques à risque élevé d'infection ou de complications. Au-delà de cet effet « rajeunissement cutané » en application locale, la rapamycine présente l’avantage de ne pas passer dans la circulation sanguine.

 

Alors, comment « fonctionne » la rapamycine ? Encore une fois, la rapamycine inhibe la voie TOR, une protéine impliquée dans le métabolisme, la croissance et le vieillissement des cellules humaines. Elle réduit également le stress cellulaire en s'attaquant aux radicaux libres cancérigènes de la mitochondrie.

 

Il reste encore beaucoup d’interrogations sur les promesses et les indications possibles ainsi que sur les schémas d’utilisation du médicament. Cependant plusieurs brevets concernant des médicaments de rajeunissement cutané sont déjà déposés.

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