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REFLUX GASTRIQUE : Et si les IPP inhibaient aussi nos neurotransmetteurs ?

Actualité publiée il y a 2 semaines 4 jours 19 heures
Alzheimer's & Dementia
Les IPPs inhibent aussi l'enzyme qui synthétise le neurotransmetteur acétylcholine, indispensable à la santé cognitive.

Plusieurs études ont déjà suggéré un risque de démence accru avec l’utilisation des inhibiteurs de la pompe à protons (IPPs), des médicaments indiqués principalement dans le traitement du reflux gastro-œsophagien (RGO), de l'œsophagite par RGO et des ulcères gastroduodénaux. Cette équipe du Karolinska Institutet confirme ce risque accru et décrypte, dans la revue Alzheimer's & Dementia, le mécanisme sous-jacent qui mène à la démence. Les IPPs inhibent aussi l'enzyme qui synthétise le neurotransmetteur acétylcholine, indispensable à la santé cognitive.

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Des millions de personnes dans le monde utilisent des IPPs pour soulager les brûlures d'estomac, la gastrite et les ulcères gastriques. L’équipe suédoise explique comment l'utilisation à long terme de ces médicaments augmente le risque de démence : « Nous montrons que les IPPs affectent la synthèse du neurotransmetteur acétylcholine, qui joue un rôle clé dans le développement des démences dont la maladie d'Alzheimer », résume l’auteur principal, le Dr Taher Darreh-Shori, chercheur en neurobiologie au Karolinska Institutet.

Et plus la liaison entre l’IPP et l’enzyme est forte, plus l'effet inhibiteur est élevé.

Eviter l’utilisation des IPPs à trop forte dose et sur une longue durée

Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) agissent en bloquant les pompes qui transportent les ions hydrogène acides des cellules de la muqueuse intestinale. Une fois les pompes bloquées, les niveaux d’acide sont réduits ce qui prévient les dommages au tissus intestinaux. Si les IPPs sont très efficaces contre l’acidité gastrique, plusieurs études épidémiologiques ont suggéré une association entre leur utilisation et une incidence plus élevée des démences.

Dans cette étude, les chercheurs effectuent des simulations informatiques 3D pour examiner comment 6 substances actives IPP interagissent avec une enzyme appelée choline acétylétransférase, dont la fonction est de synthétiser le neurotransmetteur acétylcholine. En tant que neurotransmetteur, l'acétylcholine est nécessaire pour la communication entre les cellules nerveuses, et cette transmission n’est possible qu’à partir d’un certain niveau. Or, les simulations montrent que tous les IPPs testés peuvent se lier à l'enzyme.

 

Une liaison dangereuse : tous les IPPs en se liant à l’enzyme choline acétylétransférase, inhibent son action, ce qui entraîne une réduction de la production d'acétylcholine. Et plus la liaison entre l’IPP et l’enzyme est forte, plus l'effet inhibiteur est élevé. Des recherches supplémentaires seront nécessaires pour valider in vivo ces observations, cependant l’équipe dénonce déjà les dangers d’une surutilisation des IPPs.

 

« Des précautions particulières doivent être prises avec les patients les plus âgés et ceux qui ont déjà reçu un diagnostic de démence, ceux qui sont atteints de maladies musculaires telles que la SLA, car l'acétylcholine est un neurotransmetteur moteur essentiel. Dans ces différents cas, les médecins doivent utiliser les médicaments qui ont l’effet secondaire le plus léger et les prescrire à la dose la plus faible et pour une durée aussi courte que possible ».

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