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SCLÉROSE en PLAQUES : Un lien étrange avec le cancer ?

Actualité publiée il y a 6 mois 6 jours 20 heures
Neurology
La sclérose en plaques (SEP)  joue-t-elle un rôle dans le dépistage et le diagnostic du cancer ou directement dans son incidence ? (Visuel Adobe Stock 328411977)

La sclérose en plaques (SEP)  joue-t-elle un rôle dans le dépistage et le diagnostic du cancer ou directement dans son incidence ? Cette question, posée par une équipe de l’Université de Manitoba (Winnipeg, Canada) est issue de l’examen de données de détection du cancer du sein et du cancer colorectal chez des personnes atteintes de SEP. De manière surprenante, les patients atteints de SEP sont moins susceptibles de diagnostic de cancer du sein mais plus susceptibles d’être diagnostiqués avec un cancer colorectal. Ces conclusions qui trouvent ici, dans la revue Neurology, de premières explications, impliquent a minima de favoriser l’accès des femmes atteintes de SEP à la mammographie de contrôle.

La première explication de ces corrélations n’est pas biologique ou moléculaire,

mais tient simplement à la perte de mobilité de ce groupe de patients. L’auteur principal, le Dr Ruth Ann Marrie de l'Université du Manitoba, membre de l'Académie américaine de neurologie explique : « La SEP peut être une maladie débilitante et les problèmes de mobilité peuvent rendre plus difficile l'accès aux dépistages réguliers du cancer. Finalement, l’objectif est de mieux comprendre comment la SEP impacte les dépistages réguliers des cancers. La perte de mobilité ne doit pas constituer un motif d’absence d’accès au diagnostic rapide ».

 

L’analyse des données de santé de 14,8 millions de personnes a permis d’identifier

  1. 351 femmes atteintes d'un cancer du sein et de SEP et de les apparier en fonction de l’âge et de la date de diagnostic à 1.404 femmes atteintes d'un cancer du sein et exemptes de SEP ;
  2. 54 personnes atteintes d'un cancer colorectal et de SEP appariées à 216 personnes atteintes d'un cancer colorectal et exemptes de SEP.

L’analyse révèle que :

 

  • le cancer du sein est détecté par un dépistage de routine chez 29 %, des femmes atteintes de SEP et chez 38 % des femmes sans SEP ;
  • après ajustement en fonction des facteurs de confusion possibles, la probabilité de détection du cancer du sein par dépistage de routine est réduite de 32 % chez les femmes atteintes de SEP : ce résultat suggère une plus grande difficulté d’accès des femmes avec SEP au dépistage par mammographie ;
  • les participants atteints de SEP sont a contrario, 2 fois plus susceptibles que les participants sans SEP d’être détectés avec un cancer colorectal au stade 1 le plus précoce du cancer : la fréquence élevée de symptômes intestinaux et des troubles gastro-intestinaux chez les patients atteints de SEP, soit des symptômes communs avec le cancer colorectal pourrait induire un plus grand nombre d’examens gastro-intestinaux, ce qui contribuerait à une détection plus précoce cancer colorectal ;
  • 21 % des participantes atteintes de SEP et de cancer du sein et 33 % des participants atteints de SEP et de cancer colorectal accusent un niveau d'invalidité suffisamment élevé pour nécessiter des services de soins à domicile ou des soins de longue durée.

 

Ces résultats suggèrent donc de renforcer l’accès des patients atteints de SEP aux différents dispositifs de dépistage, une conclusion qui vaut de la même manière pour toutes les personnes qui souffrent d’une perte de mobilité et/ou d’autonomie.

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