SÉMAGLUTIDE et TIRZÉPATIDE : Désormais en première intention contre l’obésité
Le sémaglutide et le tirzépatide sont désormais recommandés comme traitement de première intention de l'obésité et de la plupart de ses complications, avec ces nouvelles recommandations de l’European Association for the Study of Obesity (EASO). Ce nouveau cadre de référence, documenté dans la revue Nature Medicine, met dorénavant et en dépit des autres options pratiquées et disponibles, ces nouveaux médicaments de perte de poids en première place des traitements standards de l’obésité.
Ce cadre a été établi par une équipe internationale d'experts en obésité, dirigée par les coprésidents du groupe de travail de l'EASO. Ces experts ont considéré, après revue des données disponibles, que ces médicaments de perte de poids, agonistes du GLP-1, dont le sémaglutide, et double agoniste du GLP-1 et du GIP pour le tirzépatide, ont fait la preuve de leur efficacité. Ils relèvent également que le nombre de médicaments disponibles pour traiter l'obésité et ses complications augmente et devrait continuer de croître, offrant aux médecins un plus large choix d'agents ayant des modes d'action distincts, et qui peuvent être utilisés en complément des interventions sur le mode de vie et de manière personnalisée en fonction des caractéristiques de chaque patient.
Un nouvel algorithme de prise en charge de l'obésité
L’étude a également pris en compte
- la présence ou l'absence de complications liées à l'obésité comme facteur principal
pour orienter la stratégie de décision thérapeutique. Chaque médicament a donc été évalué en fonction de son efficacité à favoriser la perte de poids totale, de son impact sur les complications et de son profil de sécurité.
« La perte de poids ne doit pas être le seul objectif du traitement en présence de complications »,
explique l’un des auteurs pincipaux, le professeur McGowan.
- les données probantes concernant le sémaglutide (un agoniste du GLP-1 et le tirzépatide (un double agoniste du GIP et du GLP-1) ;
- et, en particulier, les résultats des essais cliniques inclus dans les méta-analyses traditionnelles et en réseau, qui concluent à l’efficacité du tirzépatide et du sémaglutide lorsqu'une perte de poids totale substantielle est requise ;
- les autres médicaments envisageables, dont notamment le liraglutide, la naltrexone-bupropion et la phentermine-topiramate.
Concernant les complications, les auteurs ont séparé leur analyse en fonction d’une distinction entre les maladies de la masse adipeuse (plus sujettes aux complications mécaniques) et les maladies de la graisse maladive (plus sujettes aux complications immunologiques et métaboliques). Cependant, même avec cette distinction, le sémaglutide et/ou le tirzépatide restent les recommandations de première intention :
- pour les maladies dites de la masse adipeuse, le tirzépatide est le traitement de première intention recommandé pour les personnes obèses et souffrant d'apnée obstructive du sommeil (SAOS), bien que cette hypothèse ne repose actuellement que sur un seul essai clinique randomisé (ECR) ;
- pour les personnes obèses et souffrant d'arthrose du genou, les seuls essais contrôlés randomisés disponibles montrent que le sémaglutide est le traitement le plus efficace pour soulager la douleur ; le sémaglutide est donc recommandé en première intention ;
- en cas de maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI), le prédiabète et le diabète de type 2 ; les maladies cardiovasculaires ; l'insuffisance cardiaque ; et la maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique, le tirzépatide et le sémaglutide devraient être prescrits en première intention, tandis que le liraglutide et la naltrexone-bupropion devraient être prescrits en deuxième intention chez les personnes obèses présentant une glycémie anormale. Chez les personnes obèses et atteintes de maladies cardiovasculaires, le sémaglutide devrait être prescrit en première intention ;
- pour les personnes obèses et atteintes d'insuffisance cardiaque, si des données supplémentaires sont nécessaires, les données actuelles suggèrent que le tirzépatide ou le sémaglutide devraient être considérés comme des traitements de première intention chez les patients atteints d'insuffisance cardiaque…
Enfin, « le coût de l'absence de traitement précoce de l'obésité et du dysfonctionnement du tissu adipeux, favorisant ainsi la progression vers des complications et des lésions des organes cibles, doit être pris en compte de manière égale dans les politiques de santé et les décisions cliniques ».
« Adapter le traitement à chaque patient est une tâche complexe
qui doit prendre en compte plusieurs facteurs, notamment la gravité de l'adiposité, la présence et l'étendue des complications, les comorbidités et les traitements concomitants. Le contexte socio-économique, les valeurs, les attentes et les objectifs personnels du patient ».
Ce premier modèle thérapeutique transforme déjà radicalement la prise en charge de l'obésité et de ses complications.
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