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SEXUALITÉ: Elle diffère sous l'emprise de l'alcool ou du cannabis

Actualité publiée il y a 3 années 3 mois 2 jours
Archives of Sexual Behaviour

“Drunk or stoned ?” 2 états qui entraînent leurs effets respectifs sur les rencontres et les relations sexuelles, des effets passés ici à la loupe de ces chercheurs de l’université de New York. Leur analyse, qualitative, menée auprès de 24 participants et présentée dans les Archives of Sexual Behaviour, confirme une idée plutôt généralement reçue. En augmentant considérablement l’audace, l’alcool mène fréquemment à des rencontres improbables et à des comportements plus à risques.

Les chercheurs newyorkais ont interrogé 24 participants adultes, 12 hommes et 12 femmes, hétérosexuels et séronégatifs, récemment consommateurs de cannabis et d'alcool juste avant « le sexe », au sujet de leurs comportements avant, pendant et après les rapports sexuels sous l'influence de ces 2 substances. Les chercheurs ont comparé les descriptions des expériences sexuelles « sous l'emprise » de de l'alcool et de la marijuana. Leur objectif étant de discerner comment les 2 substances pouvaient influer sur le risque de comportements sexuels à risque. A ce stade, il s'agit de données qualitatives, impossibles à quantifier, à partir de ce faible échantillon.


- L'alcool est le plus souvent un moyen de se désinhiber et de socialiser plus facilement : sa consommation permet de rencontrer plus facilement de nouveaux partenaires sexuels et dans cette petite étude, les participants rapportent non seulement un sentiment de sociabilité accrue mais aussi un gain « d'audace », avec la consommation d'alcool,

- Cependant ce gain d'audace a une contrepartie, l'alcool mène plus souvent que le cannabis au choix d'un partenaire atypique ou qui inspire du regret après le rapport sexuel. En bref, l'alcool semble effacer les affinités électives, au contraire du cannabis.

- En effet, certains participants notent que la consommation de cannabis les rend plus sélectifs dans le choix d'un partenaire, alors que la plupart parlent de « critères » effacés ou abaissés sous l'influence de l'alcool.

- L'illégalité du cannabis ou son caractère « interdit » semble faciliter les interactions sexuelles. Mais ce n'est pas tout. Comme fumer du cannabis est illégal et dégage une odeur caractéristique, le cannabis est majoritaire consommé dans un cadre privé qui facilite lui-aussi les rencontres sexuelles.

- Globalement, les utilisateurs décrivent des effets sexuels favorables pour les 2 substances, ce qui n'est pas surprenant, puisqu'ils en sont consommateurs.

- En particulier, Les chercheurs notent des effets sexuels similaires chez les hommes et les femmes, les 2 substances étant généralement associées à la perte d'inhibitions.

- Certains utilisateurs soulignent néanmoins des effets négatifs de l'alcool et du cannabis, comme la dysfonction sexuelle. En particulier, certaines femmes associent l'usage du cannabis à la sécheresse vaginale et certains hommes, l'excès d'alcool au risque d'« impuissance ».

- Les deux substances sont également associées à une augmentation du sentiment d'auto-attractivité, mais peut-être plus avec l'alcool.

- En fin de compte, l'alcool semble conduire à moins de satisfaction après le sexe, que le cannabis.

- Mais le cannabis a également ses effets secondaires, comme l'augmentation de l'anxiété ou de la méfiance dans des situations peu familières. Un bon point pour réduire les comportements à risques ?

Deux substances qui mènent à deux types de rencontres sexuelles, concluent les auteurs. Les relations sexuelles sous l'influence du cannabis semblant a priori favoriser un partenaire « naturel » ou « plus évident », les relations sexuelles sous l'emprise de l'alcool, semblant favoriser un étranger. Cannabis et alcool sont associés à des effets sexuels uniques, la consommation d'alcool conduisant à des comportements sexuels plus risqués. Cependant, les 2 substances semblent augmenter le risque de rapports sexuels non protégés. Des données qui peuvent permettre de mieux cibler les initiatives de prévention chez les jeunes, en particulier chez ceux qui consomment du cannabis, a qui « on dit simplement de ne pas l'utiliser », concluent les auteurs.

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