STÉATOSE HÉPATIQUE : Le micro-ARN qui fait progresser la maladie
C’est un micro-ARN, « miR-122-3p » exosomal, qui vient d’être identifié, par une équipe de biologistes de l'Université de médecine du Shandong, comme l’un des facteurs clés de la stéatose hépatique associée à un dysfonctionnement métabolique. Cette découverte, documentée dans le Chinese Medical Journal, désigne ainsi à la fois un marqueur de détection et une nouvelle cible thérapeutique.
La stéatose hépatique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD) est devenue un problème de santé publique mondial, avec une prévalence en forte augmentation. Malgré les progrès thérapeutiques, les mécanismes moléculaires sous-jacents restent encore mal compris. Cette recherche révèle précisément le rôle clé d’un axe miR-122-3p/FGFR4/AMPK et donc d’un micro-ARN en circulation, dans le développement de la stéatose hépatique associée à un dysfonctionnement métabolique.
L’ARN exosomal est l’ARN des vésicules extracellulaires (EV) sécrétées par les cellules et pouvant être trouvées dans la salive, le plasma, l'urine et d'autres fluides corporels. Cet ARN transporte des informations provenant donc des cellules.
L’étude analyse les échantillons de plasma recueillis auprès de 6 patients atteints de stéatose hépatique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD) vs 6 témoins en bonne santé. Après avoir isolé et caractérisé les exosomes, l’équipe réalise un profilage d'expression des microARN (miARN). Cette analyse identifie :
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une augmentation significative des miARN exosomal miR-122-3p et miR-3614-5p chez les patients atteints de MASLD vs témoins ;
- des expériences in vitro révèlent que seul le micro-ARN miR-122-3p induit une accumulation de triglycérides et la production d'espèces réactives de l'oxygène, caractéristiques de la maladie ;
- des exosomes modifiés surexprimant le miR-122-3p permettent de reproduire ces effets pathologiques et d’inhiber l'activité de la protéine kinase activée par l'AMP (AMPK), une voie de signalisation clé de la régulation énergétique qui protège contre la stéatose hépatique ;
- d’autres tests confirment qu’un récepteur (FGFR4) est une cible directe du miR-122-3p : la surexpression de miR-122-3p réduit les niveaux de protéine FGFR4, tandis que la surexpression de FGFR4 inverse les dommages métaboliques induits par le miR-122-3p, notamment le dépôt de lipides, le stress oxydatif et l'inactivation de l'AMPK.
Prises ensemble, ces observations valident :
- l'axe miR-122-3p/FGFR4/AMPK comme un facteur clé de la progression de la MASLD.
- miR-122-3p exosomal circulant comme un biomarqueur non invasif prometteur de la maladie ;
- miR-122-3p exosomal circulant comme cible thérapeutique possible ainsi que sa voie de signalisation en aval, FGFR4.
Des études plus larges devront encore valider ces résultats et permettre leur application clinique.
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