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STRESS : Le gène qui allège le stress social et alourdit le stress financier

Actualité publiée il y a 11 mois 2 semaines 1 jour
European College of Neuropsychopharmacology
Ce gène de risque de stress, ambivalent, vient éclairer le développement de la dépression, en raison de différents facteurs, sociaux ou financiers

C’est la découverte d’un gène de risque de stress, mais ambivalent, qui vient éclairer le développement de la dépression, en raison de différents facteurs, sociaux ou financiers : car ce même gène a un effet protecteur lorsqu’il s’agit de facteurs sociaux et aggravant lorsqu’il s’agit de facteurs financiers. Des conclusions présentées au 31è Congrès du Collège européen de neuropsychopharmacologie qui outre des indications possibles pour une meilleure prise en charge de la dépression, apporte une réponse possible à une question qui a longtemps laissé perplexe les scientifiques : pourquoi la dépression a-t-elle survécu au fil de l'évolution ?

 

En effet, ces chercheurs de l’Université de Budapest ont découvert que le même gène, 5-HTTLPR, présent sur le chromosome 17, augmente le risque de dépression avec le stress financier et réduit également le risque de dépression associé à l'amitié et aux relations sociales.

 

5-HTTLPR est une variante du gène qui code pour la production de la protéine transporteuse de la sérotonine, essentielle à la pharmacologie de la dépression. Ainsi, les antidépresseurs tels que les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS, dont par exemple, Prozac, Paxil, Zoloft) constituent le pilier du traitement médicamenteux de la dépression. L'une des deux variantes de 5-HTTLPR, « la variante courte » est déjà documentée comme favorisant une tendance à la dépression, dans une certaine mesure cependant, puisque la dépression est associée à de nombreux gènes.

 

5-HTTLPR vs 4 types de stress différents : ces nouveaux travaux sont menés auprès de 1.081 participants, âgés de moins de 30 ans, interrogés sur 4 types de stress différents liés aux problèmes relationnels, à la maladie ou au traumatisme et aux difficultés financières. Cette analyse constate que la variante courte de 5-HTTLPR, présente chez environ 37 à 40% de la population, confère une protection statistiquement significative contre le risque de dépression à la suite de difficultés sociales, mais pas contre les autres facteurs de stress pris en compte dans l’étude.

 

La dépression a survécu au fil de l'évolution : ce gène pourrait expliquer pourquoi la dépression a survécu alors que pour qu’un trait hérité survive dans le temps, il doit normalement présenter un avantage. Dans le cas de la dépression, il n'y avait jusque-là aucune raison évidente. L’étude montre que la variante 5-HTTLPRs présente aussi un avantage, elle peut contribuer à protéger aussi contre la dépression associée aux facteurs de stress social, ce qui peut expliquer aussi sa persistance. En revanche, de précédentes recherches, citées par les auteurs montrent que la même variante peut aussi renforcer le risque de dépression consécutive à un stress financier, en particulier chez les hommes âgés.

Les scientifiques commentent : « Ce que nous voyons est que le même gène a des effets opposés sur le développement de la dépression, selon les différents facteurs environnementaux et même aux différents moments de la vie. Pour les personnes de moins de 30 ans, le réseau social est vital. À cette période de la vie, la variante « s » du 5-HTTLPR les protège contre la dépression. La même variante renforce le risque de dépression en cas de difficultés financières au cours du vieillissement ».

 

Et sur le plan thérapeutique, l’étude a des implications : La dépression n'est pas une maladie unique, elle est liée à différents types de gènes et différents facteurs environnementaux. La maladie peut donc répondre à différents types de traitements pharmacologiques et psychothérapeutiques. Par exemple, les patients présentant une sensibilité sociale plus élevée conférée par l’allèle s peuvent mieux répondre à la psychothérapie que ceux qui ne portent pas cette variante…

Le message à retenir est donc que les gènes « dépressogènes » ne le sont pas toujours, cela dépend de leur contexte environnemental, du sexe, de l’âge et du type de stress.

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