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TENSION ARTÉRIELLE : Un baromètre naturel à l'intérieur de nos cellules

Actualité publiée il y a 1 mois 1 semaine 3 jours
Circulation Research
Ce baromètre naturel à l'intérieur de nos cellules rénales permet de maintenir une tension artérielle saine (Visuel Adobe Stock 57271310).

Cette équipe de scientifiques de l'Université de Virginie (UVA Health) vient de découvrir l’existence d’un baromètre naturel à l'intérieur de nos cellules qui permet de maintenir une tension artérielle saine. La découverte de ce mécanisme de contrôle de la pression artérielle de notre corps s’accompagne d’informations précieuses, présentées dans la revue Circulation Research, qui augurent de nouvelles thérapies pour l'hypertension artérielle, la plus prévalente des pathologies cardiovasculaires.

 

L’hypertension artérielle (HTA) est le premier facteur de maladies vasculaires et touche environ un tiers de la population des pays riches, soit 10 à 15 millions de personnes en France. La découverte de cette équipe de recherche dirigée par le Dr Maria Luisa S. Sequeira-Lopez d'UVA Health qui va jusqu’à identifier l'emplacement de ces baromètres naturels de la pression artérielle va probablement ouvrir un nouveau paradigme dans la prise en charge de la maladie.

 

L'existence d'un capteur de pression à l'intérieur des cellules rénales secrétant la rénine a été suggérée pour la première fois en 1957. Le principe est que ces cellules doivent savoir quand libérer la rénine, une hormone qui aide à réguler la pression artérielle. Mais si les scientifiques soupçonnaient l’existence de ce baromètre cellulaire, ils ignoraient sous quelle forme, quelle localisation, et précisément quelle était sa fonction.

Ces capteurs cellulaires non seulement détectent les variations de pression mais ajustent les niveaux d'hormones pour la contrôler (Visuel Circulation Research)

Des capteurs cellulaires qui détectent les changements subtils de pression artérielle

Un mystère vieux de plusieurs décennies :  à l’aide de modèles de laboratoire innovants, l’équipe comprend que le barorécepteur était un « mécanotransducteur » à l'intérieur des cellules productrice de rénine. Ce mécanotransducteur détecte les changements de pression à l'extérieur de la cellule, puis transmet ces signaux mécaniques au noyau cellulaire, comme la façon dont la cochlée de notre oreille transforme les vibrations sonores en impulsions nerveuses pour notre cerveau.

 

  • Ainsi, l'application d'une pression sur les cellules productrices de rénine in vitro déclenche une diminution de l'activité du gène de la rénine, Ren1.
  • Les scientifiques ont pu également comparer les différences d'activité des gènes dans les reins exposés à une pression inférieure et ceux exposés à une pression plus élevée : lorsque les barorécepteurs détectent trop de pression à l'extérieur de la cellule productrice de rénine, la production de rénine est limitée, tandis qu'une pression artérielle trop basse incite à la production de plus de rénine. Ce mécanisme de régulation apparaît vital pour que le corps puisse maintenir une pression artérielle normale.

 

Détection et régulation : l’étude décrypte donc comment ces mini-baromètres aident à prévenir l'hypertension artérielle (hypertension) ou l'hypotension artérielle (hypotension), avec de grandes implications pour le traitement de ces anomalies de tension : ces capteurs cellulaires non seulement détectent les variations de pression mais ajustent les niveaux d'hormones pour la contrôler. Les scientifiques soupçonnaient depuis longtemps l’existence de ces « barorécepteurs » dans des cellules rénales spécialisées qui sécrètent la rénine, mais jusqu’à ces travaux, ces récepteurs n’avaient pu être localisés.

 

« C'était exaltant de découvrir que le mécanisme insaisissable de détection de la pression, le barorécepteur, est intrinsèque à la cellule, qu’il a la capacité de détecter et de réagir dans la cellule même », explique l’auteur principal :

 

« Ainsi, les cellules rénales qui en sont pourvues sont à la fois des capteurs et des répondeurs ».

 

« « Il reste à » démêler les mécanismes de signalisation et de contrôle de ces mécanotransducteurs et à trouver comment les exploiter pour développer de nouvelles thérapies pour l'hypertension ».

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