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UN VACCIN UNIVERSEL oui mais contre les cancers

Actualité publiée il y a 3 années 4 mois 2 semaines
Nature

Contre toutes les méningites, tous les virus de l’Herpes ou toutes les souches grippales, la recherche d’un « vaccin universel » est une quête du Graal dans la lutte contre les maladies infectieuses. Cependant, ici, il s’agit d’un vaccin universel contre les cancers, qui finalement défie la recherche de traitements toujours plus personnalisés. Les chercheurs cependant combinent les différentes pistes de recherche : ils extraient et insèrent le code génétique des cellules cancéreuses dans des nanoparticules -ce qui leur donne « l’air » de virus ou de bactéries - pour apprendre aux cellules immunitaires à attaquer les cellules cancéreuses. Ces travaux viennent d’être présentés dans Nature.

Le mécanisme qui inspire les chercheurs est que dans la plupart des cas de cancer, le système immunitaire ignore les cellules cancéreuses parce qu'il est incapable de faire la différence entre les cellules tumorales et les cellules saines. L'idée est donc de donner au système immunitaire la capacité de reconnaître puis de cibler les cellules cancéreuses. Pour y parvenir, les chercheurs ont effectué une série de tests sur des souris pour identifier les types de nanoparticules capables de délivrer un fragment d'ARN dans les cellules dendritiques, qui taguent les virus et des bactéries pour le système immunitaire. Par optogénétique, ils ont rendu ces ARN fluorescents et donc traçables. Puis l'équipe a testé des nanoparticules contenant de l'ARN de cancer sur la souris. Ces expériences montrent que,


· toutes les souris ayant reçu le vaccin avant de recevoir une injection de cellules cancéreuses sont restées exemptes de cancer, toutes les souris non vaccinées sont mortes dans les 30 jours ;

· Les souris vaccinées après avoir reçu l'injection de cellules cancéreuses ont éliminé » leurs tumeurs dans les 20 jours suivant la vaccination.

Et chez l'Homme ? Les chercheurs ont injecté à 3 patients atteints de mélanome de petites doses de nanoparticules contenant de l'ARN codant pour 4 protéines habituellement produites par le mélanome malin. Puis les chercheurs ont mesuré la réponse immunitaire et son évolution chez les patients.

Les 3 patients vaccinés ont présenté

· une réponse au vaccin et produit des lymphocytes T contre les antigènes du vaccin,

· une maladie de type grippal de courte durée, après la vaccination,

· chez un patient, le vaccin a permis la réduction de la tumeur.

· un patient opéré de ses tumeurs avant la vaccination est en rémission, depuis 7 mois.

· un patient avec métastases aux poumons, voit son cancer se stabiliser.

Cette nouvelle classe de vaccins universels car déclinables pour tous les cancers n'en n'est encore qu'à ses débuts, commentent les experts, mais cette première étape pourrait donner une impulsion forte à la recherche de vaccins contre le cancer.

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