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VACCINATION COVID : Quelle observance chez les patients immunodéprimés ?

Actualité publiée il y a 1 année 5 mois 1 jour
JAMA Network
Les personnes immunodéprimées encourent un risque accru de forme sévère du COVID-19 et de décès (Visuel Adobe Stock 230079059)

Les personnes immunodéprimées encourent un risque accru de forme sévère du COVID-19 et de décès. D’une manière générale, leurs réponses immunitaires à la vaccination sont plus faibles que chez les personnes immunocompétentes. Qu’en est-il de la vaccination anti-COVID ? Cette étude de virologues et immunologues du Kaiser Permanente Southern California (Pasadena) propose, dans le JAMA Network, un bilan actualisé de l’adhésion au vaccin ARNm COVID-19 chez les patients immunodéprimés. Avec pour conclusion, l’urgence d’efforts de vaccination ciblés sur ce groupe de patients.

 

Partout dans le monde, les agences sanitaires ont engagé les patients immunodéprimés -et leurs médecins- à suivre, avant le public en général, un schéma à 2 doses, puis un rappel pour le vaccin COVID à ARNm dans le cadre d’un schéma de vaccination dit « primaire » pour ce groupe spécifique.

En septembre 2021, les Centers for Disease Control and Prevention américains ont recommandé aux patients immunodéprimés ayant déjà observé ce schéma à 3 doses, de recevoir un second rappel ou 4è dose 6 mois ou plus après leur dernière injection. Ainsi, pour ces patients immunodéprimés, cette dose de rappel correspondait à une 4è dose venant compléter la « primovaccination en 3 doses » recommandée chez ce groupe de population.

Un peu plus tard, le délai pour ce rappel était raccourci à  5 mois après l'achèvement du schéma de base,

puis, en février 2022, à nouveau à 3 mois après la fin du schéma primaire.

Les directives de vaccination COVID-19 évoluent sans cesse...

Alors quelles sont les nouvelles recommandations des experts californiens pour ce groupe de patients vulnérables ? L’évolution constante de ces directives, au cours de ces 2 dernières années a créé une confusion non seulement chez ces patients mais aussi en population générale. Et, pour les personnes immunodéprimées, il existe en fait peu de données décrivant la couverture vaccinale et les implications possibles. On sait néanmoins que près de 16 % des personnes immunodéprimées ne développent pas de réponse anticorps après 2 doses de vaccin à ARNm et que les niveaux d'anticorps et le nombre de cellules productrices d'anticorps chez ce groupe de patients correspond en moyenne au tiers des niveaux d’anticorps de personnes en bonne santé ;

1 hospitalisation liée au COVID-19 sur 8 intervient chez des personnes immunodéprimées.

L’étude de cohortemenée auprès de 42.697 patients constate que :

 

  • 78 % des immunodéprimés avaient reçu le rappel ou 3è dose de vaccin à ARNm COVID-19,
  • 41 % des immunodéprimés avaient reçu 4 doses du vaccin,
  • 1 % des immunodéprimés avaient reçu 5 doses au 6 août 2022, conformément aux recommandations des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) de l'époque ;
  • les adultes âgés de 65 ans ou plus (immunodéprimés ou pas) sont plus susceptibles de recevoir au moins 4 doses que les adultes plus jeunes (de 18 à 44 ans ou de 45 à 64 ans ; en revanche, sont moins susceptibles de recevoir un 2è rappel (ou 4 doses), les personnes ayant déjà été infectées par le SRAS-CoV-2 (-29 %), et les personnes recevant des corticoïdes à forte dose (-12 %).

L’analyse confirme et révèle ainsi que :

 

  • les patients immunodéprimés sont à risque très accru de forme sévère, de complications et d’hospitalisation ;
  • l'adhésion aux recommandations vaccinales chez les personnes immunodéprimées est très faible, puisque seul 1% de ces patients ont reçu les 5 doses alors recommandées par l’Agence sanitaire américaine.

 

Ces résultats suggèrent que l'adhésion aux recommandations reste trop modeste chez  les personnes immunodéprimées et qu’en regard des risques encourus par ce groupe plus vulnérable, mais aussi des risques accrus de mutation du virus chez ces patients, des efforts ciblés doivent garantir que les personnes immunodéprimées restent à jour de leur vaccination.