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VITAMINE D : Des données épidémiologiques en faveur d'un effet protecteur

Actualité publiée il y a 2 mois 30 min 43 sec
Aging Clinical and Experimental Research
De faibles niveaux de vitamine D apparaissent en effet associés à un nombre de cas et des taux de mortalité à COVD-19 plus élevés

Cette étude de l’Université Anglia Ruskin (Cambridge) menée sur l’association entre la vitamine D et la maladie COVID-19 confirme la relation à partir de l'analyse de données épidémiologiques de 20 pays européens : de faibles niveaux de vitamine D apparaissent en effet associés à un nombre de cas et des taux de mortalité à COVID-19 plus élevés. Ces résultats, présentés dans la revue Aging Clinical and Experimental Research, sont en ligne avec de précédentes études d’observation ayant déjà signalé une association entre de faibles niveaux de vitamine D et une sensibilité accrue aux infections aiguës des voies respiratoires.

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La carence en vitamine D est un problème majeur de santé publique dans le monde dans tous les groupes d'âge mais le statut en vitamine D se détériore avec l'âge, au-dessus de 70 ans, en raison d'une diminution de l'exposition au soleil et de la synthèse cutanée. Ainsi, ces niveaux sont faibles chez les résidents d’EHPAD : 75% souffrant de déficience ou de carence en vitamine D (sérum 25 (OH) D <25 nmol / L). Une carence sévère en vitamine D est définie comme un taux sérique de 25 (OH) D inférieur à 30 nmol / L.

La vitamine D module la réponse des globules blancs, en les empêchant de libérer trop de cytokines inflammatoires, un phénomène particulièrement « sensible » dans la maladie COVID-19. On sait aujourd’hui que l’infection à SARS-CoV-2 peut provoquer un excès de cytokines pro-inflammatoires.

Une association significative entre vitamine D et vulnérabilité à COVID-19 ?

  • Cette analyse épidémiologique met ainsi en avant l’exemple de l'Italie et de l'Espagne, 2 pays ayant connu des taux de mortalité COVID-19 élevés et 2 pays présentant, en population générale, des niveaux moyens de vitamine D inférieurs à la plupart des pays d'Europe du Nord. Ainsi, une étude citée par les chercheurs de Cambridge estime le taux moyen de vitamine D sérique à 26 nmol / L en Espagne et à 28 nmol / L en Italie vs 45 nmol / L dans les pays nordiques, chez les personnes âgées. En Suisse, le niveau moyen de vitamine D est de 23 nmol / L dans les maisons de soins infirmiers et en Italie, 76% des femmes de plus de 70 ans se sont avérées avoir des taux de circulation inférieurs à 30 nmol / L. Ainsi, les pays ayant eu un nombre élevé de cas COVID-19 sont ceux qui ont en population générale les plus faibles taux de vitamine D.
  • De même les personnes âgées, un groupe à faible taux moyen de vitamine D,  présentent le risque le plus élevé de morbidité et de mortalité avec le SRAS-CoV2. A titre d’exemple, le tux circulant de vitamine D a été estimé <12 ng / mL (30 nmol / L) chez 76% des femmes italiennes âgées de plus de 70 ans, à la fin de l'hiver.

Ces faibles taux de vitamine D dans le Sud de l’Europe s’expliquent par le fait que les habitants, notamment les personnes âgées, évitent le soleil et que la pigmentation de leur peau, généralement plus prononcée, réduit également la synthèse naturelle de vitamine D.

Curieusement, on trouve des niveaux moyens de vitamine D plus élevés en Europe du Nord, en raison notamment de la consommation d'huile de foie de morue, de suppléments de vitamine D, de l’enrichissement du lait et des produits laitiers, et probablement de comportements moins fréquents d’évitement du soleil. Les pays scandinaves figurent parmi les pays ayant aussi un nombre de cas et un taux de mortalité par COVID-19 parmi les plus faibles.

 

En rapprochant ainsi des données épidémiologiques de cas confirmés et de mortalité de COVID-19 et de niveaux de vitamine D, l’analyse conclut à une relation significative entre vitamine D et vulnérabilité à COVID-19.

 

Quel processus ? Il a été démontré que la vitamine D protège contre les infections respiratoires aiguës, et les personnes âgées, le groupe le plus déficient en vitamine D, sont également les plus gravement touchées par COVID-19. Ici, les chercheurs commencent par rappeler le rôle protecteur de la vitamine D contre d'autres infections respiratoires puis expliquent que dans le cas de l’infection à SARS-CoV-2, il existe une interaction complexe entre le SRAS-CoV2 et le système immunitaire du corps. Le calcitriol (1,25-dihydroxyvitamine D3) exerce un effet prononcé et décrit comme positif sur la voie ACE2, le récepteur de la cellule hôte responsable de la médiation de l'infection par le SRAS-CoV-2. Ensuite, la vitamine D module la réponse des macrophages, les empêchant de libérer trop de cytokines et de chimiokines inflammatoires.

 

Quelles implications ? Les chercheurs appellent à mener de nouveaux tests sur les niveaux de vitamine D chez les patients COVID-19 atteints à différents degrés de sévérité. A ce stade, il n’est évidemment pas recommandé de se supplémenter en vitamine D.

 

Il reste en effet à mieux comprendre le processus sous-jacent de l’effet éventuellement protecteur de la vitamine D et à démontrer le lien de causalité.

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