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ADO et DÉPRESSION: Une variation génétique qui booste le risque

Actualité publiée il y a 7 années 3 mois 4 semaines
PLoS ONE

Une prédisposition génétique spécifique et une enfance difficile sont 2 facteurs indiscutablement prédicteurs de risque de dépression à l’adolescence, conclut cette recherche de l’Université de Cambridge. S’il est entendu que la façon dont nos gènes et notre environnement interagissent pour influencer notre réponse émotionnelle, ces conclusions, publiées dans l’édition du 28 novembre de la revue PLoS ONE, mettent en avant, tout particulièrement, cette variation génétique spécifique, qui agit comme un booster de dépression.

· Sérotonine et traitement émotionnel : La sérotonine est connue pour son effet sur l'humeur. De faibles niveaux de sérotonine sont associés à une vulnérabilité exacerbée aux sentiments de dépression et d'anxiété. Un gène particulier, 5-HTTLPR, porte les instructions de production de la protéine responsable du recyclage de la sérotonine. Ce gène est présent sous 2 formes, soit sous forme courte, soit sous forme longue. Chacun d’entre nous porte 2 copies du gène, mais peut donc posséder soit, 2 copies « courtes », soit 2 copies « longues », soit une de chaque. 2 copies courtes sont associées à une sensibilité plus élevée et à un traitement différent de l'information émotionnelle.

· Adversité, traumatismes à la petite enfance, ont également déjà été associés à une sensibilité émotionnelle élevée et des difficultés de traitement de l'information émotionnelle.

L'étude a porté sur un groupe de 238 adolescents, âgés de 15 à 18 ans, et sur les variations du gène impliqué dans le recyclage de la sérotonine. Les mères de ces adolescents ont été interrogées sur l'exposition de leurs enfants à d'éventuels conflits de famille, stress ou autres adversités ou traumatismes avant l'âge de 6 ans. Ces différentes données ont été traitées par un modèle informatique, dans l'objectif de déterminer si l'adolescent avait rencontré des facteurs de risque de dépression ou d'anxiété et quel était donc son niveau de risque de dépression. Les adolescents ont ensuite été classés en 6 groupes en fonction de leurs résultats sur ces deux groupes de mesures puis ont passé différents tests permettant d'évaluer leurs symptômes d'anxiété ou de dépression.


Une interaction significative entre la prédisposition génétique et l'exposition à l'adversité à la petite enfance, est constatée par les chercheurs :

· Avoir 2 copies du gène de forme courte et des expériences traumatisantes à la petite enfance, est associé à une augmentation des symptômes dépressifs et anxieux par rapport aux personnes avec la même variation génétique, mais sans exposition à l'adversité à la petite enfance.

· Avoir 2 copies du gène de forme longue et des expériences traumatisantes à la petite enfance n'est pas associé à des symptômes dépressifs.

En conclusion, si l'enfant présente cette variation génétique spécifique et a vécu dans l'enfance des événements familiaux difficiles, il présente un risque plus élevé de dépression à l'adolescence.

Source: PLoS ONE doi:10.1371/journal.pone.0048482 online November 28 2012 5-HTTLPR and Early Childhood Adversities Moderate Cognitive and Emotional Processing in Adolescence.

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