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ALCOOLODÉPENDANCE : Cibler quelques neurones pour alléger le sevrage

Actualité publiée il y a 1 mois 1 semaine 1 jour
Frontiers in Behavioral Science
Cibler les neurones somatostatine permettrait d’alléger les symptômes dépressifs du sevrage alcoolique (Visuel AdobeStock_206375700)

C’est une nouvelle cible neuronale que nous livre cette équipe de la Pennsylvania State University pour alléger la dépression fréquemment induite par le sevrage alcoolique : l’étude montre que le sevrage alcoolique impacte profondément la physiologie des neurones de la somatostatine dans les zones cérébrales associées au traitement émotionnel et à la dépendance. Cette étude préclinique, menée chez la souris, identifie ainsi, pour la première fois, des cellules spécifiques à cibler dans la dépression liée au sevrage alcoolique. Un résultat essentiel, la dépression étant un facteur prédictif clé de la rechute.

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Le maintien de l'abstinence d'alcool peut être exceptionnellement difficile. Cette équipe de la Penn qui travaille à comprendre les changements dans le cerveau induits par le sevrage, décrypte le rôle spécifique de ces neurones producteurs de somatostatine : une action de type freinage ou inhibition exercée sur d'autres neurones.

Des neurones à somatostatine, candidats solides pour le traitement des troubles psychiatriques

L'auteur principal de l'étude, Nigel Dao, de la Penn et son équipe, ont observé 2 groupes de souris, un avec accès à l’alcool, l’autre pas. 6 semaines plus tard, toutes les souris ont subi une abstinence forcée avec accès à l'eau. Puis les souris ont ensuite été testées pour évaluer leurs niveaux d’anxiété et de dépression et leurs cerveaux ont ensuite été analysés. Ces analyses montrent que :

  • le sevrage de l'alcool entraîne des troubles émotionnels proches des symptômes de dépression observés chez les humains, dont un manque d'intérêt pour la récompense et une réponse accrue au stress ;
  • le sevrage alcoolique à induit des changements de physiologie des neurones à somatostatine dans le cortex préfrontal et le noyau de la strie terminale. Ces 2 zones du cerveau étant bien connues pour leur rôle dans le traitement des émotions et dans la dépendance ;
  • les effets du sevrage alcoolique apparaissent plus marqués chez les femmes.
  • Il reste donc à vérifier -ce qui sera complexe- si ces résultats sont reproduits chez l’Homme. D’autant que l’étude révèle aussi que le sevrage alcoolique combiné à une exposition au stress peut endommager ces neurones à somatostatine, au niveau synaptique et moléculaire.

 

Le ciblage de ces neurones pourrait être une option viable pour le traitement de la dépression, et notamment lorsqu’elle est liée au sevrage alcoolique, soulignent les chercheurs.

« Aider ces patients à faire face aux émotions négatives associées au sevrage alcoolique est la clé pour maintenir l’abstinence ».

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