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ALCOOLODÉPENDANCE : La kétamine efficace aussi

Actualité publiée il y a 6 mois 3 semaines 1 jour
American Journal of Psychiatry
Une perfusion unique de kétamine associée à une thérapie comportementale permet une abstinence de plusieurs semaines

En quelques jours plusieurs études confirment l’efficacité d’une seule dose de kétamine à réduire la dépendance à l’alcool. Une dose unique de kétamine associée à une thérapie orale peut réduire la consommation d'alcool, suggère à son tour cette équipe de l'Université Columbia, qui propose néanmoins d’associer la perfusion à une thérapie comportementale. Ce traitement combiné, documenté dans l’American Journal of Psychiatry, permet une abstinence de plusieurs semaines chez ces participants alcoolodépendants.

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L’efficacité d’1 seule dose de kétamine a été largement documentée dans le traitement des symptômes dépressifs, en particulier chez les patients réfractaires aux antidépresseurs « standards ». Ces études ont alors confirmé l’absence d’effets indésirables sévères et l'absence de risque de dépendance à la substance, après une injection ou perfusion unique. Une toute récente étude menée à l'University College London (UCL) a également suggéré qu’une dose unique de kétamine pourrait aider les gros buveurs à réduire leur consommation d'alcool.

1 dose, des effets immédiats et durables

« Ces nouveaux résultats ajoutent en effet à la preuve qu’une seule dose de psychoactif puissant, tel que la MDMA (« ecstazy »), la psilocybine et la kétamine, peut avoir des effets immédiats mais à long terme sur le comportement, en particulier en combinaison avec une psychothérapie », résume l’auteur principal, le Dr Elias Dakwar, professeur agrégé de psychiatrie clinique à l'Université Columbia. L’équipe avait déjà montré qu'une dose de kétamine, associée à une thérapie comportementale, favorise l'abstinence et réduit le « craving » des personnes dépendantes à la cocaïne. L’équipe a donc voulu tester la combinaison thérapeutique chez des personnes présentant un trouble lié à l’alcool.

L’étude est menée auprès de 40 personnes alcoolodépendantes réparties pour recevoir soit une seule dose de kétamine, soit du midazolam (un médicament utilisé pour le sevrage alcoolique). Tous les participants ont également suivi une psychothérapie de motivation -en général assez peu efficace dans l’aide au sevrage alcoolique. Les chercheurs ont néanmoins fait l’hypothèse que la thérapie de motivation pourrait être plus efficace en association avec une perfusion de kétamine en début de traitement.

 

L’efficacité de la kétamine combinée à la thérapie comportementale : l’étude montre que les patients du groupe kétamine atteignent un taux d'abstinence plus élevé :

  • 82% sont restés abstinents jusqu’à la fin de l'étude soit durant 3 semaines après la perfusion, vs 65% des participants du groupe « midazolam » ;
  • ensuite, les rechutes dans le groupe « kétamine » sont plus tardives et les épisodes de consommation moins nombreux que dans le groupe midazolam ;
  • les participants du groupe kétamine qui ont cessé de boire après la perfusion sont plus susceptibles de reprendre l'abstinence après une rechute que les participants du groupe midazolam ;
  • enfin, le traitement par kétamine est bien toléré, sans aucun effet indésirable.

 

 

La kétamine renforce la motivation : si le mécanisme d’action de la kétamine reste mal compris, les chercheurs émettent l’hypothèse que la kétamine réduit les vulnérabilités caractéristiques de la dépendance, telles que le manque de motivation et de résilience : « Chez nos participants, la kétamine semble avoir augmenté la résilience et réduit la baisse de moral après une rechute. Les participants semblent plus en mesure de rebondir après une rechute et plus motivés à reprendre le travail de sevrage. Dans le groupe midazolam, en revanche, après une rechute, la consommation d’alcool semble s’aggraver et l’objectif de sevrage est plus souvent abandonné ».

 

Les chercheurs regardent actuellement si des doses de kétamine « multiples » - avec néanmoins un risque peut-être accru de dépendance à la kétamine-pourraient encore optimiser les chances d’abstinence.

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