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ANTIBIORÉSISTANCE : Un protocole de prescription pour contrôler les superbactéries

Actualité publiée il y a 9 mois 1 semaine 3 jours
Journal of Hospital Infection
Un nouveau protocole, dirigé par un pharmacien, permet d’optimiser les prescriptions d'antimicrobiens oraux en milieu dentaire (Visuel Adobe Stock 58458114)

Cette équipe de l'Université médicale et dentaire de Tokyo (TMDU) documente un nouveau protocole, dirigé par un pharmacien, et qui permet d’optimiser les prescriptions d'antimicrobiens oraux en milieu dentaire. Alors que les dentistes sont eux-aussi confrontés au défi croissant de la résistance aux antimicrobiens (RAM), cette intervention, documentée dans le Journal of Hospital Infection apporte ses premières preuves d’efficacité dans l'utilisation mieux appropriée des antimicrobiens et dans la lutte contre l’antibiorésistance.

 

La montée des superbactéries dans les établissements de santé concerne aussi les chirurgiens-dentistes. Bien que la plupart des organismes multirésistants se trouvent le plus souvent dans les unités de soins intensifs et en milieu hospitalier, les cliniques et les cabinets dentaires ne sont pas à l'abri de ce fléau infectieux. Les pharmaciens aussi doivent répondre à ce défi en optimisant la prescription des antimicrobiens, en contrôlant la transmission des infections et en sensibilisant leurs patients.

Une intervention à multiples facettes testée en clinique dentaire ambulatoire

L’étude a suivi durant 7 ans les données des dossiers médicaux électroniques de patients soignés dans des cliniques et cabinets dentaires en réseau avec l'hôpital universitaire de Tokyo. Les données ont été analysées avant la mise en œuvre du protocole dirigé par le pharmacien puis à l’issue de l’intervention afin d’évaluer l’évolution de la proportion mensuelle de prescriptions d'antimicrobiens oraux de 8 classes d'antimicrobiens : pénicillines, céphalosporines de première et deuxième générations, céphalosporines de troisième génération, fluoroquinolones (FQ), macrolides, carbapénèmes et la clindamycine.

 

L'intervention comportait plusieurs étapes : un retour d'information post-prescription, une recommandation d'administrer de la pénicilline en première intention, l'arrêt des 3-GC - un antimicrobien aux effets négatifs - et un programme éducatif pour les étudiants en médecine dentaire.

 

  • L'intervention a effectivement augmenté la proportion de pénicillines dans les prescriptions d'antimicrobiens oraux ;
  • diminué significativement la proportion de prescriptions de 3-GC,
  • diminué la prescription des antimicrobiens à large spectre tels que les FQ, les macrolides et les carbapénèmes, plus progressivement.

 

Ces premiers résultats apparaissent prometteurs car ils permettent, avec l’utilisation prioritaire de la pénicilline de réduire les multirésistances.

 

Les chercheurs rappellent ce principe de base : l’optimisation de la prescription et si besoin centrée sur le patient, est bien le facteur clé de contrôle de l'émergence de superbactéries dans tout environnement de soins médicaux.

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