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BÊTABLOQUANTS : Sur le risque de dépression et de troubles du sommeil

Actualité publiée il y a 1 année 6 mois 2 semaines
Hypertension
Si les bêtabloquants ne sont pas susceptibles de provoquer une dépression, ils peuvent chez certains patients contribuer au développement de troubles du sommeil (Visuel Adobe stock 241692055)

Si les bêtabloquants ne sont pas susceptibles de provoquer une dépression, ils peuvent chez certains patients contribuer au développement de troubles du sommeil, souligne cette étude à paraître dans la revue Hypertension de l’American Heart Association. Et si la dépression peut survenir pendant le traitement par bêtabloquants, la recherche, menée au Berlin Institute of Health, suggère que les bêtabloquants n’en sont probablement pas la cause.Ainsi, la dépression ne survient pas plus fréquemment pendant le traitement par bêtabloquant que par placebo. 

 

Les bêtabloquants sont une classe de médicaments indiqués dans le traitement de différentes maladies cardiovasculaires, qui réduisent la fréquence cardiaque, la charge de travail du cœur et le débit sanguin cardiaque, ce qui permet d’abaisser la tension artérielle. Ils constituent un traitement courant de maladies cardiovasculaires comme l'insuffisance cardiaque, les arythmies, les douleurs thoraciques et l'hypertension artérielle. De nombreuses études ont suggéré que les bêtabloquants pouvaient entraîner des effets secondaires psychologiques négatifs, notamment la dépression, l'anxiété, la somnolence, l'insomnie, des hallucinations et des cauchemars. Cette étude suggère que ces effets ne seraient pas le fait des médicaments.

Quels effets secondaires possibles des bêtabloquants sur la santé mentale ?

« Ces effets secondaires font l'objet de discussions dans la communauté scientifique depuis de nombreuses décennies », rappelle l’auteur principal, le Dr Reinhold Kreutz, professeur à l'Institut de pharmacologie clinique et toxicologie de Berlin : « nos résultats montrant que les bêtabloquants ne sont pas la cause de ces effets secondaires négatifs ».

 

Bêtabloquants et santé mentale : l'étude est en effet la première du genre à examiner tout le spectre des effets secondaires des bêtabloquants sur la santé mentale. Les chercheurs ont analysé les données de plus de 50.000 personnes ayant participé à 258 études dont des essais contrôlés randomisés en double aveugle : près de 70% des études étaient des essais cliniques axés sur le traitement de l'hypertension artérielle et 31 évaluaient la dépression dans des essais contrôlés par placebo. La méta-analyse révèle que :

  • bien qu'il s'agisse de l'effet secondaire sur la santé mentale le plus fréquemment rapporté, la dépression ne survient pas plus fréquemment pendant le traitement par bêtabloquant que par placebo ;
  • le taux d'abandon du traitement pour dépression n'est pas différent pour les patients prenant des bêtabloquants vs d'autres traitements ;
  • les cauchemars, l'insomnie et les troubles du sommeil peuvent en revanche être liés aux bêtabloquants ;
  • l’effet secondaire le plus souvent évoqué pour l’abandon du traitement par bêtabloquant est la fatigue.

L’analyse conclut ainsi que le risque de dépression ne devrait pas affecter la décision concernant l’initiation d’un traitement par bêtabloquant.

 

« Les bêtabloquants sont généralement sans danger pour la santé mentale»,

écrivent les chercheurs dans leur communiqué : « notre analyse n’identifie aucune indication d'une association entre l'utilisation de bêtabloquants et la dépression. Il en est de même pour la plupart des autres symptômes de santé mentale. Seuls des symptômes liés au sommeil peuvent se développer au cours de la thérapie par bêtabloquant chez certains patients ».

Enfin, si les patients à antécédents d'événements cardiovasculaires tels qu'une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral (AVC) sont plus susceptibles de développer des complications psychologiques, ces symptômes ne semblent pas liés, de manière causale, aux bêtabloquants. En revanche ces patients doivent être surveillés.

 

Une limite cependant à ces conclusions : seuls les essais randomisés en double aveugle ont été retenus dans l’analyse et la plupart d’entre eux ont été menés il y a plus de 20 ans.

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