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BISPHÉNOL A: Des effets toxiques difficiles à démontrer

Actualité publiée il y a 6 années 8 mois 2 semaines
PNAS

Impossible de reproduire les résultats d'une série d’études précédentes sur certains effets toxiques du Bisphénol A, explique cette équipe de l'Université de Missouri qui a évalué durant 3 ans et sur plus de 2.800 souris les effets du BPA sur l’animal et sa descendance. Cette étude, publiée dans l’édition du 2 janvier des Actes de l’Académie des Sciences américaine (PNAS) qui ne prétend pas que le BPA est sans danger, mais que de précédentes recherches ne sont pas reproductibles, va sans aucun doute alimenter la controverse scientifique autour du BPA. Cette étude de 3 ans sur plus de 2.800 souris a également enquêté sur le BPA et sur un autre composé œstrogénique présent dans le soja et les fèves, la génistéine, vendue également comme supplément alimentaire. Les résultats de cette étude ne « tranchent » pas sur les effets positifs ou négatifs du BPA ou la génistéine, confirme Le Pr Cheryl Rosenfeld, professeur agrégé de sciences biomédicales mais diffèrent de ceux rapportés précédemment, en particulier sur les effets potentiels de ces composés sur le développement en cas d’exposition est in utero.

La précédente série d'études* affirmait que l'exposition au BPA et à la génistéine pouvait entraîner un jaunissement du pelage (voir visuel ci-contre) et une obésité ou un diabète de type 2 chez la descendance. La nouvelle étude n'a pas permis d'aboutir à ces conclusions. Le Pr Rosenfeld et son équipe ont tenté d'élargir l'étude à un nombre plus important d'animaux, et sur une durée de suivi plus longue mais ont échoué à reproduire les résultats antérieurs.


Une question d'épigénétique ? Le BPA et la génistéine agissent comme des oestrogènes, et la préoccupation provient en particulier de leur effet délétère sur l'ADN du fœtus. Les chercheurs invoquent l'effet épigénétique ou un mode particulier de lecture des gènes, provoqué par l'exposition aux substances : «Même si l'ADN n'est pas modifié, ces facteurs peuvent modifier l'expression des gènes. Un des changements épigénétiques possibles est la méthylation de l'ADN, et l'ajout de groupes méthyle à l'ADN peut couper son expression. La réponse à la non-reproductibilité des résultats pourrait être un «génotype vigoureux» qui donnerait à certains descendants l'avantage de se développer normalement…

L'importance d'obtenir des données fiables est primordiale, avant d'envisager des composés de substitution dont on ne connaîtra pas forcément les effets de long terme. Partir de la souris est légitime pour estimer les effets sur la santé humaine, expliquent les auteurs, car les humains partagent les mêmes fonctions biologiques que la souris.

Source: PNAS December 24, 2012, doi: 10.1073/pnas.1220230110 Maternal exposure to bisphenol A and genistein has minimal effect on Avy/a offspring coat color but favors birth of agouti over nonagouti mice

*1. Dolinoy DC, Weidman JR, Waterland RA, Jirtle RL (2006) Maternal genistein alters coat color and protects Avy mouse offspring from obesity by modifying the fetal epigenome. Environ

Health Perspect 114(4):567–572.

2. Dolinoy DC, Huang D, Jirtle RL (2007) Maternal nutrient supplementation counteracts bisphenol A-induced DNA hypomethylation in early development. Proc Natl Acad Sci USA 104

(32):13056–13061.

3. Anderson OS, et al. (2012) Epigenetic responses following maternal dietary exposure to physiologically relevant levels of bisphenol A. Environ Mol Mutagen 53(5):334–342.

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