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CANCER du PANCRÉAS : La protéine qui pourrait changer la donne

Actualité publiée il y a 3 mois 21 heures 11 min
The American Journal of Pathology
Le cancer du pancréas est l'une des tumeurs malignes les plus agressives, avec un taux de survie <9% à 5 ans. Une petite protéine pourrait changer la donne (Visuel AdobeStock_281104038).

Cette neuroprotéine, la sortiline pourrait être une cible clé pour lutter de manière plus efficace contre le cancer du pancréas, un des cancers parmi les plus agressifs et au pronostic parmi les plus négatifs. Cette étude de l'Université de Newcastle (Australie) révèle en effet des niveaux de sortiline plus élevés dans les cellules cancéreuses du pancréas que dans les cellules pancréatiques saines. Ces travaux, publiés dans l’American Journal of Pathology désignent la sortiline comme une cible thérapeutique prometteuse.

 

Le cancer du pancréas est l'une des tumeurs malignes les plus agressives, avec un taux de survie <9% à 5 ans. Le type le plus courant est l'adénocarcinome pancréatique (90% des cas). Les approches thérapeutiques actuelles comprennent la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie. La chirurgie est le traitement le plus courant du cancer du pancréas à stade précoce mais ne peut être pratiquée chez moins de 20% des patients. Le principal médicament actuellement utilisé pour traiter le cancer du pancréas est la gemcitabine, avec une efficacité thérapeutique limitée. En ciblant la sortiline, il serait possible de développer des thérapies plus efficaces.

Des niveaux élevés de sortiline dans les cellules cancéreuses du pancréas

Alors qu’il n'existe actuellement aucun traitement efficace et satisfaisant pour le cancer du pancréas, ce constat d’une surexpression de la protéine sortiline dans les celliules cancéreuses du pancréas ouvre une piste prometteuse, explique l’auteur principal, Hubert Hondermarck, PhD, chercheur à l’Hunter Medical Research Institute de l'Université de Newcastle. « Il existe un grand besoin d’une thérapie ciblée qui pourrait ralentir la progression rapide de la maladie pour laisser plus de temps à la chimiothérapie et à la radiothérapie ».

 

La protéine de membrane sortiline est aujourd’hui mieux documentée comme un acteur clé dans la régulation de la viabilité et de la fonction neuronales, son implication dans la dérégulation de la viabilité des cellules cancéreuses est plus nouvelle. On sait néanmoins que la protéine est surexprimée dans les cancers du sein, du poumon et de la thyroïde, qu’elle peut favoriser l'invasion des cellules cancéreuses dans le glioblastome et qu’elle participe à l'adhésion des cellules cancéreuses et aux métastases dans le cancer colorectal. C’est la première étude à l’impliquer dans le cancer du pancréas.

 

Surexprimée dans l’adénocarcinome pancréatique : la recherche menée in vitro, sur plusieurs lignées de cellules cancéreuses du pancréas et de cellules épithéliales canalaires pancréatiques établit que l'expression de la sortiline est plus élevée dans les cellules cancéreuses. Cette augmentation du taux de sortiline dans les cellules cancéreuses du pancréas est notamment confirmée par immunohistochimie dans une série de 99 biopsies d’adénocarcinomes pancréatiques humains vs 48 échantillons de tissus pancréatiques normaux.

 

Pro-tumorale : la sortiline contribue à l'invasion du cancer du pancréas in vitro en maintenant une voie de signalisation pro-tumorale (FAK). Les chercheurs constatent également que les niveaux de sortiline sont plus élevés chez les femmes atteintes d'un cancer du pancréas que chez les hommes, ce qui suggère une régulation possible de l'expression du gène de la sortiline par les récepteurs des œstrogènes.

 

Inhiber la sortiline pour réduire le caractère invasif local de la tumeur qui entraîne la destruction du pancréas, ce qui entraîne rapidement la mort. La même recherche démontre ainsi que l'inhibition de la sortiline avec des médicaments spécifiques ou une immunothérapie conduit à une forte diminution de la propagation des cellules cancéreuses du pancréas. Par conséquent, cibler spécifiquement la sortiline pourrait améliorer l'efficacité des traitements existants.

 

« Des données précieuses pour le développement d'un traitement plus efficace contre la maladie ».

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