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CANCER du SEIN : L’exercice muscle aussi la réponse à l’immunothérapie

Actualité publiée il y a 2 mois 22 heures 30 min
Cancer Immunology Research
L'exercice dans le cancer du sein, booste la réaction immunitaire en réponse à l’immunothérapie (Adobe Stock 209921730).

C’est à la fois un rappel des bienfaits de l’exercice pour lutter contre le cancer du sein mais aussi la révélation d’un nouveau mécanisme bénéfique : cette équipe d’oncologues du Massachusetts General Hospital (MGH), décrypte dans la revue Cancer Immunology Research, comment l'exercice dans le cancer du sein, booste la réaction immunitaire en réponse à l’immunothérapie.

 

Ainsi, avec la pratique de l’exercice, les tumeurs se développent plus lentement et répondent mieux à l'immunothérapie. Les chercheurs en apportent les preuves chez la souris, modèle de cancer du sein mais concluent que chez les femmes aussi, l’entraînement physique permet de stimuler les mécanismes immunitaires naturels. Leur recherche décrypte précisément les mécanismes sous-jacents.

L'entraînement physique augmente dans la tumeur les niveaux de cellules immunitaires T CD8+

Et ces lymphocytes T à mémoire sont capables de tuer les cellules cancéreuses. En augmentant le nombre de ces cellules sans la tumeur, celle-ci se développe plus lentement, ici chez des souris ayant accès à l’exercice. A contrario, lorsque les chercheurs suppriment ces lymphocytes T chez les souris, les tumeurs des souris qui faisaient de l'exercice reprennent un développement incontrôlé.

 

Le recrutement de ces cellules T CD8 + dans la tumeur dépend de 2 facteurs : 2 recruteurs chimiques ou chimiokines, CXCL9 et CXCL11, dont les niveaux augmentent chez les souris qui pratiquent l'exercice. De la même manière, les souris génétiquement modifiées pour ne pas avoir le récepteur (site d'amarrage) pour ces chimiokines sont dans l’incapacité de recruter ces cellules T CD8 + à l’effet antitumoral bénéfique.

 

Les lymphocytes T CD8 + boostent la réponse immunitaire : l’un des auteurs principaux, le Dr Dai Fukumura, directeur du département de radio-oncologie du MGH ajoute : « Les patientes dont les tumeurs ont des niveaux élevés de cellules T CD8 + ont un meilleur pronostic, répondent mieux au traitement et présentent un risque réduit de récidive du cancer par rapport aux patientes dont les tumeurs sont pauvres en cellules immunitaires T CD8 +. Ces dernières ont un risque accru de propagation et de métastases ».

 

Les lymphocytes T CD8 + boostent la réponse à l’immunothérapie : les cellules T CD8 + favorisent la réponse aux inhibiteurs du point de contrôle immunitaire, une forme d’immunothérapie (pembrolizumab, nivolumab, ipilimumab). Là encore la démonstration est réalisée chez la souris modèle.

Ainsi, des séances quotidiennes d'intensité modérée à vigoureuse dans le cadre d’un entraînement aérobie continu, d'une durée de 30 à 45 minutes par séance, permettent d’induire une reprogrammation profonde du microenvironnement tumoral. Cette reprogrammation relance l'immunité tumorale en recrutant et en activant les cellules T CD8 + à un niveau sans précédent.

 

Il reste à compléter les lignes directrices cliniques actuelles qui se concentrent sur le bien-être général, l'amélioration des niveaux de forme physique et de la qualité de vie, mais qui ne recommandent pas la pratique régulière de l’exercice dans l’objectif de mieux répondre à l'immunothérapie.

Les oncologues devraient conseiller l'exercice à leurs patientes, les programmes d'exercice en oncologie devraient être généralisés, concluent les auteurs.

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