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CANCER: Le virus herpès qui prédispose les cellules mammaires à devenir malignes

Actualité publiée il y a 4 années 3 mois 4 semaines
EBioMedicine

Une nouvelle étude révèle que l'infection par le virus d'Epstein-Barr (VEB), un virus de de la famille des herpès virus humains peut augmenter, chez les femmes, le risque de développer un cancer du sein. Ainsi, les chercheurs de Boston montrent in vitro et in vivo, que l'infection à VEB prédispose les cellules mammaires à devenir malignes. De nouvelles données, à paraître dans la revue EBioMedicine, peu surprenantes compte-tenu des associations du VEB avec d’autres cancers. Mais qui peuvent avoir des implications importantes pour le dépistage du cancer du sein et sa prévention.

Le virus d'Epstein-Barr (VEB) est un type courant de virus de l'herpès. Plus de 90% de la population mondiale porte le VEB et la plupart des individus éprouvent aucun effet de l'infection. Cependant le VEB peut infecter les lymphocytes T ou les cellules épithéliales. L'infection se manifeste habituellement dans l'enfance, avec, généralement, des symptômes légers. Et, dans certains cas, une infection au VEB qui dure depuis longtemps peut favoriser le développement de certains types de cancer, dont certains types de lymphome non hodgkiniens et hodgkiniens et de cancers (nasopharynx, estomac). Une association de l'infection à VEB et du cancer du sein avait déjà été rapportée dans plusieurs études, mais, jusqu'à ces travaux, on ignorait comment le virus peut jouer un rôle dans le développement du cancer du sein. L'équipe du Service d'hématologie-oncologie du Beth Israel Deaconess Medical Center (BIDMC) et de la Harvard Medical School fait la démonstration du rôle de VEB sur des cultures de cellules épithéliales mammaires exposées au virus. Les chercheurs observent que le VEB se lie au récepteur CD21 sur les cellules mammaires saines, ce qui conduit à l'infection. L'infection à VEB induit les cellules à se diviser très rapidement, comme des cellules souches (Visuel ci-contre). Ces cellules infectées greffées à des souris aboutissent à la formation d'une tumeur du sein. Lorsque les chercheurs analysent les gènes de ces cellules infectées par VEB, ils identifient alors des marqueurs génétiques caractéristiques d'un cancer du sein à récepteurs d'œstrogènes négatifs.


Une jeune femme exposée à VEB à l'adolescence est ainsi à risque accru de cancer du sein, suggèrent les chercheurs : si une jeune femme est infectée à VEB au cours de ses années d'adolescence ou plus tard, ses cellules épithéliales mammaires seront exposées au virus et pourront être infectées. Chez certaines jeunes femmes, l'infection va laisser des « traces » génétiques et modifier le métabolisme de ces cellules ; des changements subtils qui peuvent, des décennies plus tard, faciliter le développement d'un cancer du sein.

Ainsi, la contribution du VEB au développement du cancer du sein est plausible, selon un mécanisme par lequel l'infection à VEB prédispose les cellules mammaires à devenir malignes.

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